Hockey sur glace - Commentaire: pour GE Servette et Emond, c’était surtout une bonne leçon
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Hockey sur glaceCommentaire: pour GE Servette et Emond, c’était surtout une bonne leçon

GE Servette a été un redoutable finaliste et son parcours en play-off a été remarquable. Mais sur la dernière marche, Patrick Emond et son staff se sont laissés surprendre par l’agressivité des Zougois.

par
Cyrill Pasche
Le parcours de Patrick Emond et des Aigles a été remarquable. Il y a tout de même des regrets à nourrir.

Le parcours de Patrick Emond et des Aigles a été remarquable. Il y a tout de même des regrets à nourrir.

Eric Lafargue

Ok, Zoug était meilleur, plus gros, plus fort, plus rapide, plus talentueux, etc.

Cela doit d’ailleurs normalement être le cas lorsque vous réunissez au sein d’une même équipe les quatre meilleures individualités à leur poste du hockey helvétique actuel: le gardien Leonardo Genoni, le défenseur Raphaël Diaz, le MVP Jan Kovar et le buteur Grégory Hofmann.

Autant dire que ce titre de champion de Suisse, remporté devant une cinquantaine de spectateurs, est sans doute l’un des plus coûteux de l’histoire en termes d’investissements.

Pour Genève, il y aurait une multitude de raisons de trouver de bonnes excuses à cette défaite logique. Le parcours des Grenat jusqu’en finale a été épatant: les joueurs de Patrick Emond ont surclassé Fribourg au premier tour avant de balayer Zurich au deuxième tour. Le seul reproche que l’on peut faire au coach québécois des Aigles et à son staff est de s’être imaginés battre Zoug sans autre plan de bataille que celui appliqué durant toute la saison régulière: patiner, créer, jouer, marquer. C’était d’ailleurs aussi le plan des Zougois pendant une saison régulière qu’ils ont survolée.

GE Servette a perdu la finale dès l’instant où il a laissé son joueur le plus important se faire malmener dès le premier match de la série.

Sauf que l’entraîneur norvégien Dan Tangnes, qui s’était retrouvé dans le camp des perdants il y a deux ans lorsqu’un SCB dirigé par le professeur Kari Jalonen avait éteint son EVZ, savait qu’il devrait être un peu plus «smart» cette fois-ci pour gagner une finale. Son plan, qui consistait à user physiquement Henrik Tömmernes, était parfait. Les Aigles ont été surpris par l’intensité et l’agressivité des Zougois, et n’ont jamais eu de réponses à ce problème.

GE Servette a perdu la finale dès l’instant où il a laissé son joueur le plus important se faire malmener dès le premier match de la série (Jan Kovar au premier acte, Justin Abdelkader au deuxième, puis de nouveau Kovar pendant la troisième et dernière manche). Les Aigles ont été bien trop dociles. D’ailleurs, le topscorer tchèque du EVZ a tranquillement fait sa loi durant les trois manches de la finale.

Henrik Tömmernes.

Henrik Tömmernes.

Eric Lafargue

GE Servette a un peu naïvement tenté de battre Zoug «en jouant son hockey, comme d’habitude». Sauf que quand l’adversaire, en face, est meilleur, plus gros, plus fort, plus rapide, plus talentueux, cette approche est bien souvent vouée à l’échec.

Les Aigles sont tombés la fleur au fusil, tout en restant fidèle jusqu’au bout à leur philosophie de jeu. Cela a aussi son charme, mais cela ne permet pas de gagner un titre. Surtout pas contre une équipe programmée pour gagner comme Zoug l’a été.

Des trois finales disputées par les Aigles (2008 et 2010), celle de 2021 est finalement la plus décevante. Le hockey a certes bien évolué depuis les grandes années de Chris McSorley, qui lui aussi, dans son registre bien particulier, n’a finalement jamais gagné un championnat.

Mais ceci n’est pas près de changer de sitôt: pour gagner une finale, le jeu ne suffit pas. Il faut aussi avoir un bon plan, et même un plan infaillible. Ou alors énormément de chance.

Le plan de Patrick Emond, comme celui de Dan Tangnes il y a deux ans contre le CP Berne de Jalonen, était bien trop léger. La bonne nouvelle est que le fait de gagner un titre de champion, cela s’apprend, se travaille, se mûrit et se cultive.

L’entraîneur du EV Zoug vient de nous en donner une preuve éclatante.

Quant à Patrick Emond, il en aura certainement tiré les enseignements nécessaires pour un jour, se retrouver lui aussi en position de ramener un titre de champion à Genève.

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