Hockey sur glace: Commentaire: pour une NL à 14 équipes
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Hockey sur glaceCommentaire: pour une NL à 14 équipes

Quatre formations crédibles de Swiss League ont fait acte de candidature pour une promotion. Passer à 14 clubs en National League devient nécessaire.

par
Sport-Center
La Lonza Arena de Viège sera-t-elle un jour une patinoire de National League?

La Lonza Arena de Viège sera-t-elle un jour une patinoire de National League?

Keystone

Kloten, Viège, Olten et La Chaux-de-Fonds ont manifesté leur volonté de grimper d’un échelon en cas de titre national de deuxième division, comme le relate «Le Quotidien Jurassien» de ce jeudi. Si les Abeilles neuchâteloises ne paraissent pas armées sportivement et structurellement pour encaisser le choc d’une promotion, les trois autres équipes ont par contre une patinoire qui le permet, ainsi qu’un bassin de population suffisant pour assumer une montée dans l’élite.

Aux dirigeants de franchir le cap et de profiter de cette occasion pour passer à quatorze clubs dans une National League fermée. Voici pourquoi.

Un calendrier enfin égal

Avec 14 formations en National League et quatre rondes de championnat, il y aurait 52 matches en saison régulière, soit seulement deux de plus qu’actuellement. Chaque formation organiserait ainsi une rencontre de plus, ce qui n’est pas négligeable financièrement. Mais surtout, cela permettrait de rétablir une certaine équité dans la ligue. En effet, les douze clubs sont actuellement répartis en trois groupes régionaux de quatre équipes. A l’intérieur de ces poules, les équipes s’affrontent six fois. Bienne ne préférerait-il pas jouer six fois contre Lausanne et FR Gottéron plutôt que de se farcir Zurich et Zoug? Cette formule est une aberration qui fausse le championnat. Cela doit cesser et l’occasion est idéale.

Un frein à l’inflation

Si votre enfant veut faire du hockey, parlez-lui des bienfaits de devenir défenseur. Et si par hasard il tient sa canne à droite, vous pouvez lui assurer une jolie vie pour peu qu’il soit un minimum doué. Actuellement, le marché est hyper-compétitif, ce qui force les directeurs sportifs à faire de la surenchère sur «tout ce qui bouge». La montée de deux équipes supplémentaires ouvrirait une cinquantaine de postes de travail en Suisse. Pour éviter une baisse du niveau général de la National League, une augmentation du nombre d’étrangers de quatre à cinq ou six serait nécessaire. Mais avec le solde des places à disposition pour les joueurs suisses, la conséquence serait directe: au lieu de se faire la guerre pour des obscurs joueurs de quatrième ligne, les clubs verraient les Daniele Grassi et autres Matthias Bieber (au hasard) opter pour des clubs moins nantis que Berne. Pourquoi? La fameuse prophétie de Marc Lüthi, le puissant CEO du club de la capitale, se réaliserait. Plutôt que de surpayer pour un joueur suisse de soutien, les clubs du haut de tableau pourraient engager un Finlandais ou un Tchèque pour une fraction du prix. Cela permettrait de rééquilibrer le rapport de force entre joueurs et clubs.

Une formation améliorée

Depuis quelques années, les clubs ont de moins en moins peur de lancer des jeunes joueurs dans la bataille. Les exemples biennois (Nussbaumer, Kohler, Moser etc.), genevois (Le Coultre, Smirnovs, Patry etc.) et même fribourgeois (Schmid) sont là pour le prouver. A 19 ans, un joueur bien formé peut tout à fait exercer un rôle en National League. Dès lors, les postes à repourvoir iraient en majorité à des joueurs en devenir. Et ce n’est pas Patrick Fischer, sélectionneur national, qui rechignerait à voir une vingtaine d’éléments de 18-20 ans se faire les dents soir après soir dans l’élite. Pour ce faire, une seconde mesure sera impérative: fermer la ligue. Afin de permettre aux clubs moins fortunés de lancer ces jeunes joueurs, il faut évidemment que le spectre de la relégation ne plane pas. Sans quoi les directeurs sportifs n’oseront emprunter cette voie.

Bref, si l’on veut une National League plus compétitive et un niveau du hockey suisse globalement meilleur, cela passe par une augmentation de la Ligue à 14 équipes. Mais le problème va être, comme souvent, le fameux: «On a toujours fait comme ça».

Reste à savoir si les dirigeants vont oser saisir la chance qui se présente à eux.

Grégory Beaud

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