Hockey sur glace: Commentaire: pourquoi Dubé doit rester sur le banc
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Hockey sur glaceCommentaire: pourquoi Dubé doit rester sur le banc

La solution aux problèmes de FR Gottéron se trouve juste devant sa porte. Le portrait-robot de l’entraîneur qui peut rallumer la flamme des Dragons n’est autre que celui de Christian Dubé.

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Sport-Center
Pour notre journaliste, le place de Christian Dubé se situe au plus près de la glace, dans le feu de l’action.

Pour notre journaliste, le place de Christian Dubé se situe au plus près de la glace, dans le feu de l’action.

Keystone

Pour la première fois depuis qu’il a raccroché ses patins en 2015 et hérité dans la foulée d’un poste à hautes responsabilités dans l’organisation de FR Gottéron, Christian Dubé est apparu parfaitement à l’aise, compétent et à sa place. C’était samedi soir, quelques instants après la victoire 4-1 des Dragons contre Rapperswil, dans les couloirs d’une BCF Arena en chantier.

«Coach» Dubé était indiscutablement dans son élément, après avoir passé sa soirée au plus près de la glace, dans le feu de l’action. De lion en cage constamment sur la défensive lorsqu’il enfile son costume de directeur sportif, le Canado-Suisse a semblé totalement apaisé dans celui de coach. Cela ne fait aucun doute: rien au monde ne remplace l’adrénaline d’un match de hockey et les émotions d’un vestiaire pour les anciens joueurs de sa trempe. Un peu comme un loup de Wall Street que l’on aurait trop longtemps confiné dans un luxueux bureau, alors que sa véritable vocation est de retrousser ses manches et de négocier des titres dans une salle de bourse survoltée.

L’exemple de Dubé, directeur sportif devenu coach intérimaire, n’est pas sans rappeler le passage victorieux de Martin Steinegger sur le banc du HC Bienne en 2017: cinq victoires en six matches entre fin novembre et mi-décembre avant l’engagement d’Antti Törmänen. Une success story qui s’est brusquement achevée lorsque le CEO Daniel Villard a dû rappeler presque manu militari son directeur sportif dans les bureaux parce qu’il le jugeait bien trop important pour le club dans une fonction stratégique.

Si Steinegger et Dubé ont le même pedigree – d’anciens grands joueurs, des passionnés et des battants -, Dubé n’est pas aussi important pour Gottéron que Steinegger ne l’est pour le HCB dans un rôle de directeur sportif. Le Canado-Suisse n’a pas la sensibilité – ou peut-être tout simplement pas la patience - pour flairer les bons coups et les joueurs de demain. Sa fiche ne plaide pas en sa faveur, et les résultats obtenus par les Dragons sous sa direction sportive depuis 2015 ne sont plus vraiment défendables: deux participations aux séries, dont un seul match de play-off gagné en quatre ans…

Dubé ne sera peut-être jamais un grand directeur sportif, mais qui sait s’il ne deviendra pas un jour un grand entraîneur? Le Canado-Suisse a l’avantage de connaître les joueurs, qu’il a tous engagés, sur le bout des doigts. Il sait sur quel bouton appuyer pour tirer le meilleur de chacun d’entre eux, puisqu’il était encore à leur place il n’y a pas si longtemps de cela. Dubé, fils d’un ancien entraîneur professionnel, connait toutes les subtilités du jeu. Il ne sera jamais aussi précieux que lorsqu’il se retrouve au plus près de la glace, dans son élément. Gottéron veut retrouver ses émotions? Avec Dubé, les Dragons seront servis. Cet homme est capable de leur redonner le feu sacré.

Ne serait-ce que pour éponger une partie de l’argent jeté par les fenêtres en limogeant Mark French après seulement six matches - dont cinq ont eu lieu sur la route - alors qu’il possédait encore un contrat valable jusqu’en 2021, Gottéron dispose de la solution à ses problèmes actuels juste devant sa porte: Christian Dubé doit rester sur le banc au moins jusqu’à la fin de la saison et endosser la double casquette de coach et de directeur sportif.

Une façon pour lui, aussi, de gommer ses erreurs commises jusqu’ici. Les chances qu’un nouvel entraîneur, précisément avec cette équipe-là, réussisse mieux que Dubé sont à peu près aussi grandes que de voir Gottéron soulever le trophée de champion de Suisse au printemps prochain.

Cyrill Pasche

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