Hockey sur glace - Commentaire: que le hockey suisse crée sa journée des joueurs autonomes
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Hockey sur glaceCommentaire: que le hockey suisse crée sa journée des joueurs autonomes

De plus en plus de joueurs s’engagent avec une nouvelle équipe 12 mois avant la fin de leur contrat en vigueur. Comment l’éviter? Voici une proposition de solution.

par
Emmanuel Favre
Actuellement au Lausanne HC, Christoph Bertschy boira dans des gourdes fribourgeoises dès le mois de septembre 2022.

Actuellement au Lausanne HC, Christoph Bertschy boira dans des gourdes fribourgeoises dès le mois de septembre 2022.

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La nouvelle a été confirmée dimanche par FR Gottéron: l’attaquant fribourgeois du Lausanne HC Christoph Bertschy (27 ans) a conclu une entente de sept ans avec les Dragons dès le début de la campagne 2022-2023.

L’ancien junior du club de la BCF Arena portera donc pour la première fois le maillot fribourgeois en match officiel dans douze mois.

D’ici-là, il aura disputé cinq duels (plus en cas de rendez-vous en play-off) contre sa future équipe.

C’est comme ça, c’est la loi du business, ce qui est rare est courtisé et cher.

Comme Genoni et Vermin

Bertschy, qui tenait le bon bout du bâton, a fait comme Leonardo Genoni et Joel Vermin - entre autres - avant lui. Il s’est assuré un futur sous une couleur tout en gérant le présent sous une autre.

En août 2018, le gardien de Berne s’était entendu avec Zoug pour le début de l’exercice 2019-2020.

En août 2021, l’attaquant de GE Servette a été annoncé à Berne pour l’entame de la campagne 2022-2023.

Sur le fond, tous les acteurs impliqués dans ces dossiers (agents, joueurs, directeurs sportifs) ont agi en conformité avec les règles en vigueur.

Ils ont fait tout juste.

Mais les joueurs se sont aussi mis en danger. Dans les estrades, il y aura toujours des langues de vipère pour expliquer par ces transactions une mauvaise passe, un mauvais but, une erreur de placement.

Pas bon pour le produit

La première question consiste à savoir si des accords contractuels conclus un an avant leur entrée en vigueur sont bons pour l’image du produit hockey?

Pas sûr.

La deuxième question: le système peut-il être géré différemment?

Oui.

Avant de développer, une parenthèse. Le raisonnement ci-dessous n’est probablement pas conforme au droit du travail. Mais, dans un sport régi par de nombreux gentlemen agreements, il n’est pas absurde de penser qu’on peut en ajouter un autre à la liste.

Comment faire différemment, donc?

En créant trois fenêtres de signatures sur la durée d’une année civile.

La première: du 1er au 22 décembre, les clubs de National League disposent des droits exclusifs de négociation avec leurs joueurs en fin de contrat et avec leurs patineurs qui ont atteint la limite d’âge des rangs juniors. Le 23 décembre, la liste des hockeyeurs qui n’ont pas conclu dentente est communiquée à toutes les équipes.

La deuxième: du 3 au 15 janvier (soit après avoir accordé une fenêtre d’exposition à la Coupe Spengler), les clubs ont le droit de soumettre des offres aux joueurs qui figurent sur cette liste.

Une exposition inouïe

Comme l’est devenu le 1er juillet en NHL (hors pandémie), le 3 janvier s'imposerait ainsi comme la journée des joueurs autonomes et le hockey bénéficerait d’une exposition inouïe.

On aurait nos Darren Dreger, Eliott Friedman et Pierre Le Brun, ces Insiders de la ligue professionnelle nord-américaine, qui se livreraient une formidable chasse aux scoops sur Twitter.

La chaîne de télévision privée MySports garderait l’antenne de 9h à minuit pour commenter les infos des Insiders et amener les siennes. Le consultant vedette Stéphane Rochette analyserait les bons et les mauvais coups en étant régulièrement coupé par une «breaking news» ou par l’intervention par FaceTime d’un joueur dont le futur transfert a été officialisé.

Dans les rédactions, on ne compterait plus les pushes, les interviews, les commentaires.

Sainte-Geneviève, fêtée ce jour-là, ne nous en voudrait pas que le 3 janvier devienne la Sainte-Rondelle.

Une journée qui tiendrait en haleine les pros et les amateurs.

Il resterait une troisième fenêtre, qui s’ouvrirait au lendemain du dernier match de la finale et qui permettrait aux joueurs ignorés jusque-là de recevoir éventuellement un contrat.

Et les tricheurs?

Bien sûr, il existerait un risque de non-respect de la réglementation et de la conclusion d’accords souterrains avant les dates d’ouverture des fenêtres.

Mais ne dit-on pas que lorsque deux personnes sont au courant d’un secret, il y en a une de trop? Les contrevenants seraient sanctionnés.

L’année suivante, leur 3 janvier tomberait un 10 janvier.

Ils se retrouveraient comme un client dans une grande surface le 24 décembre à 16h55. Ils ne pourraient pas choisir la taille de leur dinde.

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