10.11.2020 à 13:37

ÉditorialCommerce de guerre: la Suisse pourrait s’en passer

Les montants investis dans le secteur du commerce de guerre sont marginaux dans les placements de la BNS ou des caisses de pension. En cas de oui, ce ne serait pas une catastrophe.

von
Eric Felley
Avec tous les fonds sous gestion en Suisse, il est tout à fait possible que notre argent finance pour une petite partie la construction de missiles nucléaires par exemple. L’initiative n’en veut plus.

Avec tous les fonds sous gestion en Suisse, il est tout à fait possible que notre argent finance pour une petite partie la construction de missiles nucléaires par exemple. L’initiative n’en veut plus.

iStockphoto

Le rendez-vous électoral du 29 novembre propose deux sujets qui concernent de la moralité des affaires helvétiques. Le plus disputé concerne la responsabilité des grandes entreprises suisses qui travaillent à l’étranger en regard des droits humains et de l’environnement. La seconde concerne le financement de la fabrication de matériel de guerre à travers nos institutions financières que sont la Banque nationale suisse (BNS) et les caisses de prévoyance publiques ou professionnelles.

Pour un pays pacifique et neutre comme la Suisse, la question est légitime: est-ce que l’argent de notre épargne ou de celui la Banque nationale suisse doit participer à l’effort de guerre au niveau planétaire? La situation actuelle montre qu’effectivement nos établissements financiers ont dans leur portefeuille d’actions un certain nombre de participations dans des sociétés d’armements comme Boeing, Raytheon, Lockheed Martin, General Dynamics, Honeywell, Thales ou Rheinmetall.

Si l’on se réfère aux différents articles qui ont abordé le sujet ces dernières semaines, la proportion de ces participations est faible par rapport à l’ensemble des avoirs sous gestion. Ainsi, la BNS aurait 2 milliards d’actions dans ces sociétés, soit 1,2% de ses placements. Par ailleurs les institutions de prévoyance, au nombre de 1562 pour l’ensemble du pays, auraient dans leur portefeuille pour environ 16 milliards de francs d’actions liées à des entreprises qui produisent du matériel de guerre, un chiffre qui représente 1,9% de l’ensemble de la fortune des caisses.

Ainsi, on constate que la part des investissements des institutions suisses dans des sociétés fabricant du matériel de guerre est très marginale. Ainsi, au moment de voter, on peut voir les choses de deux façons. Pour si peu, il n’est pas nécessaire de faire une loi et continuer de faire confiance aux dirigeants des caisses et de la BNS. A contrario, pour si peu on pourrait se passer de ces placements, financièrement, on ne va pas en mourir. C’est une question que chacun doit trancher au fond de soi: est-ce que «mon» argent qui est à la BNS ou dans ma caisse de pension doit contribuer à financer du matériel de guerre? Pour l’instant, selon les sondages, une légère majorité pense que non et votera oui.

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19 commentaires
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Pang

11.11.2020 à 12:14

Je trouve qu'en cette période il ne faut pas fragilisé les industries qui marche ,de toute façon si c'est pas les suisses qui vendent de l'armement ça sera un autre pays. Autant que ce soit nous qui en touchant les bénéfices.

Evolution

11.11.2020 à 11:01

Tant qu'il s'agit de s'enrichir, y compris en semant la mort, la Suisse ne crache pas dans la soupe! ces industries polluantes et mortelles doivent être démantelées un bonne fois pour toutes! la Suisse doit se montrer innovante par respect pour la biodiversité ainsi que du Vivant.

Henri Philippe

10.11.2020 à 17:19

Ce n'est pas le moment de tirer sur nos entreprises, NON aux 2 initiatives qui menacent les emplois.