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Finances publiquesCommunes neuchâteloises opposées aux reports de charges

Dans le cadre du redressement des finances cantonales, le Conseil d'Etat neuchâtelois prévoyait quelque 10 millions de francs de reports de charges sur les communes pour 2016.

Le siège du gouvernement neuchâtelois.

Le siège du gouvernement neuchâtelois.

Keystone

Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds, Le Locle et Val-de-Travers se rebellent contre les reports de charges sur les communes prévus par le canton de Neuchâtel. Elles demandent de les suspendre en attendant d'avoir mené une réflexion concertée.

Dans le cadre du redressement des finances cantonales, le Conseil d'Etat a annoncé quelque 10 millions de francs de reports de charges pour 2016. Il envisage de porter le montant annuel jusqu'à 40 millions d'ici à 2019.

Les quatre grandes communes n'apprécient pas cette décision unilatérale, ont expliqué leurs représentants mardi devant la presse. «Nous avons été informés mais pas consultés», a souligné Théo Huguenin-Elie, président de l'exécutif chaux-de-fonnier.

Motion communale

Les conseils communaux ne nient pas la nécessité d'assainir les finances de toutes les collectivités publiques. Mais «il faut travailler ensemble, en bonne intelligence» pour analyser quelles réformes il faut réaliser et à quel niveau, a dit Théo Huguenin-Elie.

Les quatre exécutifs agiront par une motion communale exigeant que le Conseil d'Etat mène avec les communes une étude complète. Dans l'attente d'un rapport détaillé, l'Etat doit renoncer à tout report de charges ou «captation de recettes» des communes.

Le texte sera transmis aux législatifs communaux, pour être soumis ensuite au législatif cantonal. De nombreux représentants des conseils généraux siègent au Grand Conseil, a relevé le maire du Locle, Denis de la Reussille.

Appel aux autres communes

Ces quatre communes présentent un front uni et invitent toutes les autres à se joindre à leur démarche. Elles ont rencontré un écho positif notamment aux Brenets, au Landeron, à Boudry et à Milvignes, a précisé Fabio Bongiovanni, président de l'exécutif de Neuchâtel.

Val-de-Ruz estime en revanche que le dialogue doit plutôt avoir lieu dans le cadre de l'Association des communes neuchâteloises (ACN). Mais l'ACN a déjà demandé en vain à l'automne 2014 une réflexion concertée avec le canton, rappellent les quatre conseils communaux.

Le temps presse car canton et communes doivent élaborer leurs budgets 2016. Le contexte est particulièrement difficile pour celles qui se trouvent déjà en situation financière délicate et s'activaient justement à réaliser des économies.

Ainsi, à La Chaux-de-Fonds, le budget sera péjoré de 6 millions de francs au total par les reports de charges ainsi que d'autres facteurs tels que la bascule de l'impôt frontalier. C'est l'équivalent de 6 points d'impôts, a illustré Théo Huguenin-Elie.

(ats)

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