20.08.2017 à 09:04

VotationsComprendre la réforme des retraites en neuf questions

Voici un petit guide en neuf questions sur les enjeux d’un projet soumis au peuple aussi complexe que capital pour l’avenir des retraites.

par
Philippe Castella
Le conseiller fédéral Alain Berset joue très gros le 24 septembre devant le peuple.

Le conseiller fédéral Alain Berset joue très gros le 24 septembre devant le peuple.

Béatrice Devènes/Lunax

C’est votre retraite qui est en jeu le 24 septembre! Et pourtant, cette réforme de la prévoyance vieillesse vous laisse perplexe, la faute à un projet mammouth qui mêle AVS et 2e pilier, et dans lequel fleurissent des expressions barbares telles que taux de conversion. Avant que vous ne jetiez par dépit votre bulletin de vote à la corbeille, «Le Matin Dimanche» vous offre un petit guide d’explication en neuf questions qui cernent les principaux enjeux d’une votation populaire capitale pour le pays et pas seulement pour le conseiller fédéral qui porte ce projet, le socialiste fribourgeois Alain Berset.

1) Pourquoi faut-il une réforme?

Les finances de l’AVS et du 2e pilier se portent de plus en plus mal. Les principales causes en sont l’allongement de la durée de vie, l’arrivée des enfants du baby-boom à la retraite et des placements financiers qui rapportent moins. Une réforme devient d’autant plus urgente que les précédentes révisions ont échoué devant le peuple, en 2004 pour l’AVS et en 2010 pour la prévoyance professionnelle. L’objectif de cette réforme est d’assainir les finances des deux premiers piliers jusqu’en 2030 tout en maintenant le niveau des rentes. Partisans et opposants sont d’accord sur cet objectif. C’est sur les remèdes qu’ils divergent.

2) Qu’est-ce qui va changer?

Les deux pilules amères à avaler sont le relèvement de l’âge de la retraite des femmes de 64 à 65 ans et l’abaissement du taux de conversion de 6,8% à 6%. Cela signifie que pour un avoir de 100 000 francs dans le 2e pilier, la rente annuelle passera de 6800 à 6000 francs, soit une perte de 12%. À noter que cela ne concerne que la partie obligatoire du 2e pilier, la plupart des caisses pratiquant déjà des taux inférieurs pour la partie surobligatoire. Pour éviter une baisse des rentes sont notamment prévues une augmentation des cotisations ainsi qu’une hausse de l’AVS de 70 francs par mois pour les personnes seules et de 226 francs pour les couples. Pour financer cette hausse et renflouer les caisses de l’AVS, il y aura une hausse de la TVA de 0,6 point (la moitié récupérée de l’AI) et une hausse des cotisations salariales de 0,3% répartie entre employeurs et employés. Parmi les autres éléments de ce projet, à signaler des aménagements pour faciliter une retraite flexible entre 62 et 70 ans.

3) Pourquoi y a-t-il deux votes?

Sur votre bulletin de vote, vous devez vous prononcer deux fois pour ou contre cette réforme. Le premier vote porte sur le relèvement de la TVA, le second sur la réforme en elle-même, combattue par un référendum lancé par l’opposition de gauche. Mais comme le Parlement a choisi de lier tout le projet à la hausse de la TVA, qui doit obligatoirement être approuvée en votation populaire, l’effet d’un rejet de celle-ci serait le même. Un non à l’un des deux objets soumis au peuple ferait donc couler l’ensemble de la réforme. Seule petite différence entre les deux votes, la hausse de la TVA doit obtenir en plus l’aval de la majorité des cantons.

Pour en savoir plus, consultez le site du Matin Dimanche, www.lematindimanche.ch, sur votre ordinateur personnel, votre tablette ou votre smartphone. L’application Le Matin Dimanche est toujours disponible sur iPad.

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