Abus sexuels: Condamné à 3 ans ferme et suspendu par le CHUV

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Abus sexuelsCondamné à 3 ans ferme et suspendu par le CHUV

Un technicien médical a été accusé par trois Lausannois d'avoir abusé d'eux sous le couvert de massages thérapeutiques. La justice a tranché: l'homme de 60 ans écope de 3 ans ferme.

par
Evelyne Emeri
Javier* va-t-il faire recours contre la peine infligée par le Tribunal de Lausanne?

Javier* va-t-il faire recours contre la peine infligée par le Tribunal de Lausanne?

Maxime Schmid

Javier*, chilien de 60 ans, a tout perdu depuis lundi, jour d'ouverture de son procès devant le Tribunal de Lausanne.

Sa crédibilité, s'enferrant dans la négation d'avoir abusé de jeunes hommes fragiles et égarés, sous le couvert de massages thérapeutiques; sa liberté, 3 ans de prison ferme l'attendent; et son travail de technicien médical au centre d'endoscopie du CHUV, son employeur a découvert le pot aux roses dans «Le Matin» de mardi et l'a suspendu avec effet immédiat. Sa hiérarchie directe savait qu'il était poursuivi pénalement mais ne connaissait pas le détail des actes qui lui étaient reprochés: fellations et pénétrations non protégées et non consenties, attouchements, masturbations, caresses intimes.

Hier, au moment de la lecture du jugement, la présidente de céans, Katia Elkaim, n'a pas été tendre à l'encontre du prévenu, ni dans l'attitude ni dans les propos. Les juges de Montbenon ont tranché sèchement et suivi de près le sévère réquisitoire de la procureure, Moira Paternoster, dans la qualification et quasi dans la quotité de la peine. Le soignant a été reconnu coupable d'actes d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance. Il écope de 3 ans ferme (4 ans avaient été requis). Pour la Cour, les trois plaignants ont été convaincants et authentiques dans leurs déclarations, les faits sont établis et le doute n'entre pas en ligne de compte. «Javier est un prédateur. Sa culpabilité est énorme. Il cible des proies en difficulté avec la même méthodologie: des massages de bien-être, une mise en confiance, une perte de repères de ses victimes avant de passer à l'attaque.»

Pas de prise de conscience

Apprécié et reconnu professionnellement, bien intégré socialement, l'employé du CHUV a gravement failli dans le cas d'espèce. Le tribunal estime qu'il fait preuve «d'une absence totale de prise de conscience. Seule une peine privative de liberté peut être retenue. Son déni profond et une crainte réelle de récidive excluent l'octroi du sursis, et ce malgré les conséquences d'une incarcération peu avant la retraite.»

Avocat du condamné, Me Philippe Chaulmontet n'a pas souhaité commenter ce verdict ou indiquer s'il allait faire appel.

* Prénom d'emprunt

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