30.07.2020 à 15:14

France

Condamnés pour avoir frappé et volé un migrant

Deux policiers ont écopé respectivement de deux ans et 18 mois de prison avec sursis pour violences sur un migrant malien et détournement de fonds.

Les deux agents étaient basés à Montgenèvre (Sud-Est), un des principaux points de passage de migrants entre l'Italie et la France.

Les deux agents étaient basés à Montgenèvre (Sud-Est), un des principaux points de passage de migrants entre l'Italie et la France.

AFP

Deux agents français de la police aux Frontières (PAF) ont été condamnés jeudi en France à respectivement deux ans de prison avec sursis et 18 mois avec sursis, l'un pour des violences sur un migrant malien, l'autre pour détournement de fonds.

Les deux policiers condamnés étaient basés à Montgenèvre (Sud-Est), un des principaux points de passage de migrants entre l'Italie et la France. Lors du procès, la présidente du tribunal avait énuméré plusieurs faits présumés de vols d'argent liquide «par des agents du service» à des migrants, qui rapportaient également des violences lors de contrôles. Mais «l'enquête n'a pas permis d'établir» ces faits, contrairement à ceux qui justifient le procès, avait souligné le procureur.

«Nul ne doit échapper à la loi»

Ces condamnations interviennent «dans un contexte de déni de violences policières par le pouvoir politique et rappellent que nul ne doit échapper à la loi», s'est félicité auprès de l'AFP Me Vincent Brengarth, avocat du jeune migrant malien victime, Moussa (prénom d'emprunt).

A l'audience, Me Brengarth avait repris une formule du rapport d'enquête: «C'est le même tandem (...) à chaque fois ils étaient présents».

Le premier policier, 51 ans, a été déclaré coupable de violences sur Moussa et condamné à deux ans de sursis, une amende de 1000 euros et une interdiction d'exercer une fonction publique pendant cinq ans. Il a également été condamné à verser 900 euros de dommages et intérêts à la victime.

«La police a pris mon argent»

En août 2018, après avoir traversé la frontière franco-italienne avec d'autres migrants, Moussa est raccompagné en Italie par plusieurs policiers, dont celui condamné. Le jeune Malien dit s'être alors rendu compte de l'absence de son portefeuille et avoir voulu retourner au poste de police.

Il croise un véhicule de la PAF dans lequel se trouve le policier condamné. Sur une bande audio enregistrée alors par Moussa et diffusée pendant le procès, on entend: «Il me manque 600 euros et mon ami 200 euros, la police a pris mon argent». Une voix répond: «Tu arrêtes de me traiter de voleur sinon je t'en colle une».

Puis le ton monte et «on entend une bousculade et plusieurs coups», selon la présidente à l'audience. «Je considère qu'il y a un doute très important», avait pour sa part estimé l'avocat du policier Me Jean-François Philip, qui avait plaidé la relaxe.

Le second condamné, âgé de 30 ans et qui n'est plus policier, a été déclaré coupable d'avoir gardé 90 euros en liquide d'une verbalisation. Il a déclaré avoir «oublié» la somme dans son pantalon «passé à la machine» mais reconnu avoir falsifié le registre pour couvrir «une faute d'inattention». Il a écopé de 18 mois de sursis, 1000 euros d'amende et d'une interdiction d'exercer une fonction publique pendant cinq ans.

(afp/nxp)

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