Jura: Condamnés pour l’abattage illégal d’agneaux
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JuraCondamnés pour l’abattage illégal d’agneaux

Le jour de la fête musulmane de l’Aïd-el-Kébir, les bêtes sacrifiées n’ont pas été étourdies avant d’être saignées chez un paysan.

par
Vincent Donzé
L’abattage rituel du 31 juillet 2020 n’était pas légal.

L’abattage rituel du 31 juillet 2020 n’était pas légal.

lematin.ch/Sébastien Anex

Publié sur les réseaux sociaux, un cliché montrant deux hommes à côté de plusieurs carcasses de moutons pendues devait prouver aux acheteurs que la viande était produite selon le rite halal. Mais cette photo prise devant une ferme jurassienne le 31 juillet 2020 a aussi alerté le Service de la consommation et des affaires vétérinaires.

«Des moutons pas à la fête», titre aujourd’hui «Le Quotidien Jurassien» dans sa chronique judiciaire. Le jour de la fête d’Aïd-el-Kébir, la fermeture de la frontière française pour cause de pandémie empêchait la communauté musulmane du Jura d’aller faire ses courses halal en France.

Sacrifice d’Abraham

Les moutons n’ont pas été abattus partout illégalement pour célébrer le sacrifice d’Abraham, mais cinq à six agneaux acheminés à l’abattoir et renvoyés dans leur ferme ont été saignés sans avoir été étourdis, comme la loi l’exige.

Ce rite halal illégal a conduit quatre prévenus devant la juge pénale de Porrentruy: l’organisateur, deux exécutants et plus étonnamment, le paysan jurassien. Après avoir vendu des bêtes bien avant l’abattage, ce dernier en a repris une partie dans sa ferme en proposant aux acheteurs d’utiliser un percuteur.

Vrais auteurs

«C’est grâce à lui que les vrais auteurs ont été identifiés», a plaidé l’avocat du paysan. Son témoignage a permis la condamnation des trois autres prévenus, mais selon la juge pénale, il aurait dû prévenir la police ou empêcher les hommes venus chez lui d’égorger des moutons.

Tandis que le paysan écope de 1500 francs d’amende et de 45 jours-amendes avec sursis pendant deux ans, l’organisateur des abattages écope de 50 jours-amendes avec sursis pendant cinq ans. Les deux exécutants s’en sortent avec 20 jours-amendes, également avec sursis.

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