Consécration au cinéma pour «Salento, destination cancer»
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NeuchâtelConsécration au cinéma pour «Salento, destination cancer»

L’adaptation cinématographique d’un roman qui dénonce une pollution industrielle dans les Pouilles récompense l’engagement d’un ancien imprimeur du Locle.

par
Vincent Donzé
Le journaliste Giovanni Sammali et son éditeur Georges-Louis Gasser, lors de la sortie du livre en 2014.

Le journaliste Giovanni Sammali et son éditeur Georges-Louis Gasser, lors de la sortie du livre en 2014.

Laurent Crottet

Son livre dénonçait une pollution à l’origine de nombreux cancer dans sa région d’origine, les Pouilles. Avec «Salento, destination cancer», le journaliste neuchâtelois Giovanni Sammali a frappé fort, en 2014. Huit ans plus tard, une adaptation cinématographique sera diffusée ce soir et dimanche matin aux 57es journées cinématographiques de Soleure.

«Inferno in Paradiso» est un film de Tiziana Caminada, ancienne réalisatrice à la Radio Télévision Suisse (RTS), en collaboration avec son compagnon chaux-de-fonnier Yves Matthey. Il s’agit d’une libre inspiration, mais l’ancien imprimeur Georges-Louis Gasser assistera ce soir à la première projection: c’est lui qui a édité le livre de Giovanni Sammali pour informer, comme le ferait un lanceur d’alerte.

Du Nord, du Sud

À 73 ans, son engagement n’a pas changé: «l’Europe du Nord pollue l’Europe du Sud», soutient Georges-Louis Gasser. Son imprimerie n’existe plus, suite à une faillite. Ses retrouvailles avec le journaliste Giovanni Sammali seront l’occasion d’évoquer un parcours de vie dans un domaine qui a manqué de soutien, quand les institutions et les autorités régionales ont fait imprimer leurs ouvrages en France ou en Chine.

Le film diffusé ce soir a été tourné dans le talon de la Botte, une région d’Italie où Giovanni Sammali passait toutes ses vacances dans sa famille. Son propos? «L’industrie et ses déchets évacués par la mafia sont les coupables», résume l’auteur, fier du soutien de son éditeur des «Éditions G d’encre».

Faits avérés

Pour rédiger sa fiction, Giovanni Sammali s’était basé sur des faits avérés. «Air, eau, sol: tout est pollué», dénonçait le journaliste. Première visée: l’aciérie «Ilva», à Tarente, et ses cheminées qui crachaient de la dioxine, en violation de la loi dite de Seveso.

«C’est l’aciérie la plus polluante d’Europe, à 35 kilomètres d’un Club Med, avec 40 000 morts à son actif», relevait le journaliste. Il y avait aussi une fabrique de chaussures qui enterrait la colle et les solvants, et de nombreuses décharges toxiques à ciel ouvert.

L’affiche du film diffusé ce week-end à Soleure.

L’affiche du film diffusé ce week-end à Soleure.

DR

Sur 170 pages, Giovanni Sammali a raconté «l’enfer du décor» au pays des oliviers, où lors de ses séjours à Salve, ce fils d’immigré cueillait les tomates ou ramassait les patates. Le déclic, Giovanni Sammali l’a ressenti en voyant le «New York Times» vanter l’authenticité des Pouilles pendant que le «National Geographic» plaçait cette région au 4e rang des destinations de rêve.

L’éditeur se souvient du «Salon du livre» de Genève: «On y est allé avec des fascicules qui annonçaient la sortie du livre», se souvient Georges-Louis Gasser. La directrice du «Salon du livre» avait réagi comme lui à la lecture du premier chapitre: «C’était un récit à diffuser immédiatement», avait pensé l’éditeur retraité. C’est maintenant un film à regarder immédiatement…

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