Politique: Conseil fédéral: Viola Amherd a une carte à jouer
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PolitiqueConseil fédéral: Viola Amherd a une carte à jouer

Doris Leuthard a annoncé son départ il y a dix mois déjà... Sous la Coupole, la Haut-Valaisanne a toutes ses chances pour lui succéder.

par
Eric Felley

À Berne depuis treize ans, Viola Amherd (PDC/VS), mais sa personnalité en fait une parlementaire respectée bien au-delà de son parti.

Mardi matin, elle s’est empressée de rejoindre la salle du Conseil des États pour suivre le débat sur la loi sur l’égalité. Viola Amherd (PDC/VS) avait à cœur de voir l’issue de ce débat avorté au printemps. Cette fois-ci le Conseil des États a accepté que les entreprises de plus de 100 employés soient tenues de procéder tous les quatre ans à une analyse «scientifique» des pratiques salariales entre hommes et femmes.

«Je suis satisfaite, déclare-t-elle, c’est un premier pas dans la bonne direction. Mais au Conseil national, ce sera plus difficile». Elle sait que son parti n’est pas unanime sur la question. Pour elle, le thème de l’égalité ne se limite pas aux entreprises. Elle rebondit sur les propos de Doris Leuthard qui défend la présence des femmes au Conseil fédéral: «Au Conseil fédéral bien sûr, mais dans les cantons, dans les parlements… Partout, il y a peu d’évolution».

«Une femme qui sait convaincre»

Il y a plus dix mois déjà, en août 2017, Doris Leuthard a annoncé son départ. Au Parlement, d’aucuns s’attendent à ce qu’elle finalise cette annonce prochainement. Alors, pour Didier Berberat (PS/NE), «On attend du PDC qu’il présente un ticket avec une femme, c’est clair.» Dans cette perspective, Viola Amherd réunit passablement de supporters. À commencer par sa collègue Christine Bulliard Marbach (PDC/FR): «C’est une femme extraordinaire, qui sait convaincre. Respectueuse, tolérante et très compétente, elle fait l’unanimité dans tous les partis».

Viola Amherd, 55 ans, avocate et notaire de Brigue, siège au Conseil national depuis treize ans. Auparavant elle a présidé l’exécutif de Brigue durant douze ans. Son compatriote Thomas Egger (PDC/VS) y voit une double opportunité: «Ce n’est pas seulement le fait qu’elle soit une femme, mais aussi que les régions de montagne soient représentées au Conseil fédéral. Depuis le départ d’Eveline Widmer-Schlumpf, ce n’est plus le cas. Si elle postule elle a une chance très réelle».

Une épineuse question...

La principale intéressée reste prudente: «Je me déciderai en temps voulu. Avant que Doris Leuthard ait précisé son départ, il est trop tôt pour en parler.» Beaucoup de paramètres sont à prendre en compte. D’autres femmes du PDC, notamment Ruth Humbel (PDC/AG) ou Élisabeth Schneider-Schneiter (PDC/BL) pourraient être intéressées.

Reste aussi l’épineuse question de l’ordre des départs entre Doris Leuthard (PDC) et Johann Schneider Ammann (PLR). Si cette élection est coordonnée, la question femme se portera sur le PLR. Mais si la succession de Doris Leuthard a lieu avant, le Parlement pourrait choisir une femme pour ne pas laisser Simonetta Sommaruga toute seule au Gouvernement. Et pourquoi pas Viola Amherd.

Editorial: La Suisse: les juges, les armes et l’armée

Assez parlé d’égalité salariale entre hommes et femmes à Berne, la vraie Suisse est ailleurs. Dès aujourd’hui, la session d’été entre dans le vif des sujets qui valent leur poids de testostérone: les juges, les armes individuelles et l’armée. Ici, les femmes auront peu droit à la parole. L’heure du thé est terminée.

Le Conseil national va débattre ce matin de l’initiative de l’UDC contre les «juges étrangers». Plus de huitante orateurs se sont annoncés. La formulation vaut son pesant d’indignation, qui pourrait accepter un juge «étranger»? Mais lorsque l’on commerce à l’internationale, on est par la force des choses en terres étrangères, où des règles existent sans quoi il n’y aurait pas de commerce possible.

La question de la possession des armes promet aussi un tir de barrage patriotique. La directive européenne de Schengen veut un meilleur contrôle de l’arsenal privé. C’est une législation que la Suisse doit appliquer et adapter si elle veut rester dans le cadre de ces accords qui lui garantissent une sécurité indéniable. Les Suisses aiment les armes, c’est certain, mais ils s’en méfient aussi. À Zoug en tout cas.

Enfin, avec l’armée, il y a toujours une dépense qui nous dépasse. Cette année, Guy Parmelin veut équiper 100'000 soldats avec des gilets pare-balles à 2000 francs pièce. Certains sénateurs trouvent que le caporal vaudois exagère avec ces gilets, dont beaucoup ne sortiront pas des cartons… Du coup, elle propose de diviser la facture par deux. Et voilà 100 millions d’économies que l’on pourrait utiliser pour les crèches! Mais bon, il ne faut pas tout mélanger.

Eric Felley

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