Publié

FootballConstantin: «Maradona voulait entraîner le FC Sion»

Fan de la première heure, le boss du FC Sion explique pourquoi il admire tant l’Argentin. Et les raisons qui l’ont poussé à ne pas le prendre comme entraîneur.

par
André Boschetti
Diego Maradona avec «sa» Coupe du monde en 1986. Jamais un joueur n’a eu une telle importance au sein d’une équipe que le génie argentin.

Diego Maradona avec «sa» Coupe du monde en 1986. Jamais un joueur n’a eu une telle importance au sein d’une équipe que le génie argentin.

KEYSTONE

Personne ne pourra accuser Christian Constantin de profiter de la disparition de Diego Maradona pour se mettre subitement à encenser l’incomparable joueur qu’il a été. Il y a quelques semaines, sur le plateau de la RTS, le boss du FC Sion désignait clairement l’Argentin comme le meilleur joueur de tous les temps.

Devant Pelé et Johan Cruyff. «Certains vieux Madrilènes me disent que Di Stefano aurait eu sa place sur le podium, explique-t-il, mais aucun n’a contesté le choix de Maradona. Même si je comprends que certains lui préfèrent Pelé.»

Une «rivalité» qui, au siècle passé, a opposé tous les amateurs de football. Et qui continue d’alimenter les conversations des plus anciens. «Je considère Diego comme le plus grand parce qu’il a été le seul joueur capable de métamorphoser le visage d’une équipe, détaille CC. Si tu me parles du Brésil 1970, je te cite sans problème au moins neuf des onze joueurs brésiliens. Mais j’aurais de la peine à te donner plus de deux ou trois noms parmi ceux qui ont accompagné Diego lors de la finale gagnée en 1986, au Mexique.»

L’Argentine de Maradona

Un exercice que l’on peut répéter avec l’équipe d’Argentine qui avait été battue par l’Allemagne en finale, quatre ans plus tard. «Là encore, c’était l’Argentine de Maradona, continue Christian Constantin. Voilà, sa caractéristique a été de valoriser presque au-delà du possible des équipes plutôt moyennes à la base. Comme Naples, qu’il a réussi à amener deux fois au titre de champion d’Italie, en est un autre exemple flagrant. C’est là que se situe la différence avec tous les autres grands qui ont marqué leur époque. Tant Pelé que Cruyff, Platini ou Ronaldo ont seulement ajouté une belle plus-value à une équipe déjà de grande qualité sans eux.»

«J’ai le souvenir d’un homme doux, attachant mais très fragile et marqué par ses addictions.»

Christian Constantin, président du FC Sion

Fan de la première heure de Diego Maradona, Christian Constantin admet avoir été très touché lorsqu’il a appris son décès, mercredi en fin de journée. «Comme tout le monde, je le savais fragile, mais sa disparition m’a fait un pincement au cœur. Plein d’images de lui me sont aussitôt revenues à l’esprit. Sur le terrain, bien sûr, mais aussi celles de notre dernière rencontre, à Genève, il y a cinq ans je crois. Nous étions allés manger ensemble avec quelques autres amis et la soirée avait été inoubliable. J’ai le souvenir d’un homme doux, attachant mais très fragile et marqué par ses addictions. Un être humain sensible avec toutes les qualités et les défauts qui accompagnent ce genre de personnage.»

«Diego était le seul joueur capable de métamorphoser le visage d’une équipe.»

Christian Constantin, président du FC Sion

Cette rencontre entre les deux hommes aurait d’ailleurs pu survenir beaucoup plus tôt. Et de façon bien différente. «Par deux fois j’ai failli l’engager, sourit le président sédunois. La première remonte aux années 90 et il était encore joueur. Mais j’avais vite abandonné l’idée car, à l’époque déjà, Diego avait son gros lot de problèmes. Ensuite, en 2010, il m’avait lui-même sollicité pour le poste d’entraîneur du FC Sion. A une époque où j’étais en guerre contre la FIFA et l’UEFA et je crois que mon combat - qu’il menait lui aussi de son côté - contre ces intouchables institutions lui avait plu. J’ai encore en mémoire les conseils de Sepp Blatter qui me disait alors «tu ne vas pas quand même t’acheter des emmerdes, non?» Même si mon cœur disait oui, la raison a fini par l’emporter. Et j’ai finalement renoncé à ce projet pour la simple et bonne raison que je préférais garder en moi la belle image que j’avais de lui. Autrement dit, je n’avais pas envie d’ouvrir le melon pour en connaître le goût.»

Un geste inoubliable

Passionné de football italien, CC a eu la chance de voir à maintes reprises l’artiste dans ses œuvres. «C’était à chaque fois un nouveau spectacle. Diego était le seul joueur pour lequel les gens se pressaient de garnir les tribunes pour assister à son échauffement. Il n’était ni le plus fort physiquement ni le plus rapide, mais il maîtrisait à la perfection l’art de déstabiliser son adversaire et de trouver, sur le terrain, la meilleure solution à chaque problème.»

Lorsqu’on lui demande quelle image il gardera de Diego Maradona, le boss valaisan n’hésite pas longtemps. «Une image de lui sur le terrain bien sûr. Parmi toutes les prouesses qu’il nous a offertes, je garderai ce coup franc indirect magistral réussi contre la Juventus au stade San Paolo. Alors qu’il n’était qu’à une dizaine de mètres des buts de Tacconi, le ballon, délicatement caressé, a survolé le mur turinois pour terminer sa trajectoire dans la lucarne gauche du but. Un vrai chef-d'œuvre, presque de la pure magie.»

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!
48 commentaires
L'espace commentaires a été desactivé

Taurine

27.11.2020 à 11:55

et le vaccin contre la mythomanie il arrive quand , on a un gros client la ...

Fichtee

27.11.2020 à 11:13

Certains semblent oublier qu’il a fait venir Gattuso et Grosso, champions du monde entre autre

JMV

27.11.2020 à 10:57

CC a peut-être plus de défauts que de qualités, et je n'ai absolument aucun motif de le soutenir. Sauf sur ce point: sans lui, il y a longtemps qu'il n'y aurait plus de FC Sion. Alors nombre de sangsues, et pas seulement les joueurs, devraient aller pomper ailleurs.