Jura: Contaminés par un champignon, les masques suscitent l’indignation
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JuraContaminés par un champignon, les masques suscitent l’indignation

Des masques souillés ont été distribués à la population. Le député jurassien Rémy Meury demande à l’armée de payer les conséquences de sa bévue.

par
Vincent Donzé
Mardi, le député POP Rémy Meury portait un masque acheté à la Migros.

Mardi, le député POP Rémy Meury portait un masque acheté à la Migros.

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«Le Quotidien Jurassien» l’a écrit clairement: «Ils sont choqués d’avoir reçu ces masques». Ces masques, ce sont ceux distribués par l’armée alors qu’ils étaient souillés par un champignon. «Ils présentaient un réel danger pour la santé», estime l’ancien ministre Pierre Kohler, qui s’est senti snobé par le gouvernement au début de la pandémie, alors qu’il proposait gratuitement des masques de bonne qualité.

Lundi dernier à Delémont et à Saignelégier, la population a pu échanger les mauvais masques contre des bons. «Le défilé était incessant», a constaté «Le Quotidien Jurassien». Les175 000 masques contaminés remis à l’État jurassien au début de la pandémie font dire à un bénéficiaire que «l’armée a des stocks qui coûtent des milliards de francs à la population, mais tout le monde s’en balance, car cet argent vient des impôts des habitants».

Contrôles médicaux

Le relais politique n’a pas tardé: dans une question écrite, le député popiste Rémy Meury veut savoir si le canton demandera à l’armée de financer des contrôles médicaux pour les personnes qui ont reçu des masques contaminés.

«Cette affaire est un scandale», tonne Rémy Meury, en évoquant une «bêtise monumentale»: non seulement les citoyens auraient pu voir leur santé se dégrader, mais l’erreur fédérale doit être réparée par l’administration jurassienne.

À la pharmacie

Les masques distribués aux cantons par l’armée provenaient d’un stock acquis par la Confédération en 2007 dans le cadre d’une préparation à une pandémie. Ils ont été attaqués par un champignon à la pharmacie de l’armée en raison d’un stockage déficient.

«Jeudi matin, on remettait des masques, et à 11 heures, on a reçu l’information comme quoi ils étaient contaminés», a rapporté au «QJ» le chef du Service de l’action sociale, sachant que les bénéficiaires des masques impropres étaient des bénéficiaires d’un subside total pour leur prime de caisse maladie.

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