Russie: Contre l’arbitraire, il simule le Christ et ira en prison

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RussieContre l’arbitraire, il simule le Christ et ira en prison

La justice russe a condamné vendredi à 15 jours de prison un homme qui a imité la crucifixion de Jésus-Christ, devant le siège des services de sécurité en vue de dénoncer l’injustice.

Vêtu d’un pagne, les bras attachés à une croix et les jambes posées sur un tabouret, Pavel Krissevitch a réalisé sa performance jeudi soir dans le centre de Moscou pour protester contre l’arbitraire de la justice russe.

Vêtu d’un pagne, les bras attachés à une croix et les jambes posées sur un tabouret, Pavel Krissevitch a réalisé sa performance jeudi soir dans le centre de Moscou pour protester contre l’arbitraire de la justice russe.

KEYSTONE

Un tribunal de Moscou a condamné vendredi à 15 jours de prison un militant ayant manifesté la veille devant le siège des services de sécurité russes (FSB) déguisé en Jésus-Christ, dont il a simulé la crucifixion.

Vêtu d’un pagne, les bras attachés à une croix et les jambes posées sur un tabouret, Pavel Krissevitch a réalisé sa performance jeudi soir dans le centre de Moscou pour protester, selon lui, contre l’arbitraire de la justice russe et soutenir les prisonniers politiques.

Ses acolytes ont disposé des fumigènes autour de lui et mis le feu à d’épais dossiers sur la couverture desquels étaient écrits les noms de détenus célèbres, selon une vidéo diffusée en ligne. Il a été arrêté sur place.

«Le nombre de prisonniers politiques augmente en Russie chaque année», a assuré à l’AFP son avocat, Sergueï Telnov, en expliquant les raisons de la performance.

Prisonniers politiques

Le tribunal Tverskoï de Moscou a condamné vendredi M. Krissevitch à 15 jours de prison pour avoir désobéi aux injonctions de la police, a déclaré à l’AFP une porte-parole de la cour.

L’avocat du militant a cependant affirmé qu’il n’avait opposé aucune résistance aux forces de l’ordre.

En 2015, l’artiste russe Piotr Pavlenski, connu pour ses performances radicales, avait mis le feu aux portes en bois de la Loubianka, l’imposant siège du FSB dans le centre de Moscou, qui fut aussi celui de la police secrète de Staline et du KGB.

Pavel Krissevitch est lui aussi habitué des performances choc. Début août, déguisé en policier devant un tribunal où était jugé une affaire retentissante en Russie, il avait simulé l’égorgement d’un mannequin symbolisant les prisonniers politiques russes pour dénoncer «l’Etat qui réclame du sang».

(AFP/NXP)

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