Football: Contre Servette, Sion doit surtout avoir peur de lui-même

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FootballContre Servette, Sion doit surtout avoir peur de lui-même

Pour ne pas trembler, le club valaisan a besoin d’un point ce dimanche dans le derby du Rhône (16h30). Plus que son adversaire, il doit avant tout craindre sa propension à se faire hara-kiri devant son public.   

par
Nicolas Jacquier
Sion vient d’inscrire le 2-1 jeudi soir contre Lausanne, Gaëtan Karlen et le buteur Anto Grgic jubilent. 

Sion vient d’inscrire le 2-1 jeudi soir contre Lausanne, Gaëtan Karlen et le buteur Anto Grgic jubilent. 

Claudio De Capitani/freshfocus

Si le FC Sion termine sa saison 2021-2022 mieux qu’il ne l’avait commencé voici 10 mois, le club valaisan entamera à coup sûr une nouvelle saison dans l’élite dans quelques semaines. Le 25 juillet dernier, lors de la première journée du championnat, Sion s’était pris les pieds dans le tapis et incliné 2-1 à domicile contre Servette.

C’est ce scénario-là, qui pourrait se retourner contre lui, qu’il lui faut éviter à tout prix ce dimanche. Quand bien même battus les joueurs de Paolo Tramezzani ne seraient pas obligatoirement barragistes – il faudrait pour cela que leur défaite soit couplée à une victoire lucernoise au Letzigrund, face au nouveau champion –, mieux vaudrait pour eux, tant qu’à faire, ne pas jouer plus longtemps avec le feu…

Sion qui tremble jusqu’à l’ultime rendez-vous de l’exercice pour assurer son maintien en Super League, le scénario est hélas connu. Il existe même une variante qui le condamne à passer par la case barrage comme au printemps 2021 contre le FC Thoune. De ce côté-là, rien de nouveau sous le soleil valaisan.

Les vertiges de l’abîme

On en vient même à se demander s’il n’existe pas à Tourbillon un malin plaisir à s’approcher du vide pour mieux ressentir les vertiges d’un abîme toujours côtoyé mais jamais devenu effectif jusqu’à présent. Jouer avec le vide, c’est ce qu’a d’ailleurs réussi à faire le visiteur jeudi soir à la Tuilière en deuxième période contre Lausanne avant d’être sauvé par un penalty venu de nulle part.

Face à son meilleur ennemi, que l’on peut imaginer débarquer en goguette ce qui ne le rendra pas moins dangereux, Sion, si enclin à se fabriquer des autogoals, devra surtout se méfier de lui-même. Sachant qu’un point suffirait déjà à leur bonheur, comment ses joueurs aborderont-ils le rendez-vous?

D’un côté, se contenter d’un nul représenterait une option trop dangereuse voire suicidaire pour être validée au coup d’envoi. De l’autre, qu’espérer d’une formation souvent incapable d’emballer une rencontre à domicile et qui reste sur une série de cinq matches sans victoire (un nul et quatre revers) devant son public? L’inévitable crispation inhérente à ce genre de quitte ou double sera forcément l’une des données à maîtriser.

Peu de polémiques

Le contexte même de ce derby du Rhône, différent de tous ceux qui l’ont précédé, n’est pas le même selon que l’on soit valaisan ou genevois. Plus anecdotique pour Servette – les «grenat» ont-ils vraiment intérêt à couler Sion pour assurer peut-être seuls la présence romande en Super League? –, l’enjeu est surtout important pour son hôte, confronté à un vrai faux suspense.

Leurs retrouvailles ne suscitent d’ailleurs qu’un intérêt limité. D’un camp à l’autre, on ne se provoque pas, on ne se défie pas, on n’allume pas des incendies sur les réseaux sociaux, ou si peu. Comme si tout était réglé, couru d’avance avant le baisser de rideau. En d’autres temps, les polémiques auraient fusé… Ainsi personne n’a-t-il cherché à «transférer» très opportunément le Valaisan Alain Geiger sur le banc d’à-côté dans le but évident de déstabiliser l’adversaire.

Retrouver une normalité

Sauf double accident, Sion sera toujours un club de Super League ce dimanche en fin d’après-midi. Reste à savoir si Paolo Tramezzani en sera toujours l’entraîneur à la reprise. Au-delà du cas de l’avenir du Transalpin sur le banc valaisan, l’autre question qui prime est celle de la place que le club entend s’octroyer sur la future carte du football suisse. Après des années de cirque et de dérives, il serait temps pour lui de changer de registre et d’envisager vivre des exercices plus sereins, moins chahutés. Ce qui, au préalable, suppose de retrouver (sinon découvrir…) une normalité qui n’a jamais eu droit de citer durablement à la Porte d’Octodure.

Mais Christian Constantin, refroidi par les épisodes Gelson Fernandes (départ à la FIFA) et Massimo Cosentino (arrivé à Tourbillon de l’Inter Milan pour mieux en repartir), le veut-il vraiment? L’arrivée programmée de Pablo Iglesias devrait contribuer à faire entrer le FC Sion dans une nouvelle ère: celle d’une stabilité fantasmée. Mais avant cela, il y a un travail à terminer, qu’importe s’il a été mal fait auparavant.

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