Football: Contre Xamax, le rôle du public valaisan sera capital
Publié

FootballContre Xamax, le rôle du public valaisan sera capital

Après sa défaite à Saint-Gall, un dangereux quitte ou double attend le FC Sion mercredi soir. A Tourbillon, le soutien de ses supporters pourrait s'avérer déterminant.

par
Nicolas Jacquier
Saint-Gall

Dimanche se disputait le choc au sommet du championnat entre Young Boys et le FC Bâle. Mais hormis les quelque 30'000 spectateurs réunis au stade de Suisse à Berne pour assister à la victoire des (doubles) champions, personne ne s'y est vraiment intéressé. Ainsi va le football suisse, prêt à négliger voire carrément oublier la tête du classement (où tout est joué depuis longtemps) pour davantage «s'intéresser» à une bande de voyous zurichois parvenant à interrompre définitivement le match de la descente à Lucerne. Ou mieux se focaliser sur cette si crispante bataille pour le maintien.

Ce qui suppose, après la relégation de Grasshopper (virtuelle en attendant les très lourdes sanctions qui ne manqueront pas de le frapper), d'éviter la 9e place, celle de barragiste, avec tous les dangers que cela comporte au moment de défier le dauphin du Servette FC, très probablement Aarau, que l'on voit mal «lâcher» son deuxième rang après tous les efforts consentis pour s'en emparer. Et tant pis pour le scénario rêvé de retrouver quatre équipes romandes la saison prochaine en Super League – tentons déjà d'en avoir trois…

Au sortir de cette 33e journée, la tendance que l'on pouvait craindre s'est dangereusement confirmée: sauf spectaculaire effondrement d'une équipe classée devant eux, la bataille pour éviter la place de barragiste va ainsi probablement se résumer en une explication romande entre Sion et NE Xamax, appelés à s'affronter le 15 mai dans un derby où la défaite sera interdite.

Saint-Gall voulait gagner, Sion ne pouvait pas

A Tourbillon, l'après Murat Yakin n'a rien changé à l'ordinaire d'une formation en totale crise de confiance et qui a concédé à Saint-Gall une quatrième défaite consécutive; certes peut-être pas la plus inquiétante mais néanmoins très révélatrice d'une atmosphère négative dont Sion ne réussit pas à s'extraire. Ce qui s'est passé au Kybunpark peut se résumer très simplement: d'un côté, il y avait une équipe qui voulait gagner à tout prix et qui a tout entrepris pour arriver à ses fins et, de l'autre, il y avait une formation qui ne pouvait pas gagner tant Sion a laissé passer trop d'occasions de prendre les devants quand les circonstances lui étaient encore favorables.

A cet égard, le triumvirat formé de MM. Constantin, Zermatten et Bichard peut aujourd'hui beaucoup en vouloir à Roberts Uldrikis, gaspillant une occasion en or qui aurait dû permettre à Sion de virer en tête. Quand on se bat pour sa survie, c'est le premier coup qui compte et le longiligne attaquant letton n'avait pas le droit de le manquer pareillement, avec autant de désinvolture.

Voilà donc le FC Sion très mal barré avant d'accueillir NE Xamax à Tourbillon, qui n'a plus rien, on le sait, d'une citadelle imprenable. Assistera-t-on à une inversion des fluides ou les Valaisans trouveront-ils les forces nécessaires pour repousser les assauts neuchâtelois? Installé très certainement dimanche après-midi devant sa TV, Stéphane Henchoz n'aura pas manqué de remarquer l'incroyable fragilité de la défense valaisanne…

Contrairement à NE Xamax, déjà revenu de nulle part mais qui en veut désormais plus, le FC Sion n'en finit pas de dégringoler, lui qui pouvait encore espérer accrocher la troisième place après sa victoire à Thoune le 4 avril. Depuis, c'est l'inexorable déclin que la mise en congé du deuxième entraîneur de la saison (après Jacobacci) n'a pas suffi à freiner.

S'inspirer du «peuple vert»

Dans ces conditions, le rôle du public sera capital mercredi. Les fans valaisans réussiront-ils à se mobiliser massivement - et unis comme un douzième homme - derrière leur équipe comme ils ont déjà su le faire par le passé? Dimanche après-midi, le «peuple vert» n'a jamais cessé d'encourager, de porter son FC Saint-Gall jusqu'à une victoire qui permet de dégager l'horizon. Jamais il n'a conspué ses joueurs, jamais il ne les a invectivés, même lorsque ses favoris peinaient à trouver leurs marques en première mi-temps.

Aujourd'hui, le FC Sion n'a pas besoin de sifflets à la première mauvaise passe, mais d'un soutien populaire franc et entier qui n'est pas évident du tout à trouver compte tenu du désenchantement actuel. S'estimant à juste titre souvent trahis cette saison, ses supporters ne pourront bien sûr pas marquer des buts mais leurs encouragements répétés sont de nature à aider les acteurs à se remettre dans le sens de la marche.

Ce que Sion ne peut faire avec une garantie de succès sur la pelouse, son public peut le réussir dans les gradins. A lui de jouer, bien mieux que l'objet de sa passion ne sait le faire depuis plusieurs semaines!

Votre opinion