Football - Contre Zurich, Sion obtient le point qui peut tout changer
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FootballContre Zurich, Sion obtient le point qui peut tout changer

Bien que rejoint sur le fil par Zurich (2-2), le club valaisan a montré des signes de vie encourageants.

par
Nicolas Jacquier, Sion

Quelques instants après la capitulation du Rheinpark voici une semaine (défaite 3-0 contre Vaduz), Kevin Fickentscher n’avait pas craint d’exprimer l’immense ras-le-bol qu’il ressentait. «Cette équipe est morte, avait-il asséné. Il n’y a aucun caractère, aucune révolte. Certains ne se sentent pas concernés.»

Des mots durs en forme de verdict définitif, traduisant le total désarroi du portier du FC Sion, livré à lui-même parce qu’abandonné. Humiliés trois fois cette saison par le néo-promu liechtensteinois pour un seul succès, au demeurant chanceux, les naufragés de Tourbillon en étaient quittes pour ruminer leur place de cancre. Personne ne sait trop ce qui a pu se dire entre eux et dans quelles conditions le groupe s’est entraîné durant ces derniers jours, on peut seulement l’imaginer.

Sion a pourtant réussi ce dont on ne le soupçonnait pas capable: il a quitté une pelouse sans être battu. Le nul que ses joueurs ont obtenu contre Zurich est certes frustrant, si l’on songe qu’il ne leur a manqué que cinq minutes pour obtenir la totalité de l’enjeu.

Mais, s’il ne fait pas ses affaires d’un point de vue mathématique, ce point a néanmoins la valeur d’une victoire psychologique. D’abord parce qu’il prouve que Sion, ne ressemblant en rien, hier soir, à une équipe de Challenge League, est toujours en vie. Voilà qui donne tort à son portier, à moins que le coup de sang de ce dernier n’ait contribué à provoquer une prise de conscience tardive. La flamme de l’espoir s’était éteinte à Vaduz; les Valaisans l’ont rallumée.

Walker a misé sur des revenants

On avait souvent attendu, en vain jusque-là, que Sion se présente en véritable équipe. Or, mû par un état d’esprit conquérant, c’est ce qu’il a fait contre un FC Zurich autant en crise que lui. On a souvent critiqué le manque d’implication de ses mercenaires pour ne pas mettre en avant la solidarité affichée sur le terrain.

Même si ses défauts n’ont pas disparu comme par enchantement (fébrilité défensive, manque de confiance, etc.), la lanterne rouge a parfois aussi séduit pour ce qui est de la qualité de son jeu. N’hésitant pas à laisser sur le banc Bamert, Grgic et Uldrikis au coup d’envoi, Marco Walker a préféré miser sur des revenants (Lacroix, Zock, Hoarau). Il en a été récompensé en partie, puisque l’ancien buteur d’YB a pu égaliser en exploitant un centre de Iapichino pour son premier but de la saison en championnat. Dans un match de chiffonniers riche en situations chaudes, seule la finition a péché, à l’image des ratés de Karlen (4e, 27e, 86e).

À défaut de ressusciter et de parvenir à rebrasser les cartes dans le combat pour le maintien, Sion a montré une souriante métamorphose. Alors qu’il reste 21 points en jeu, ses joueurs ont fait un premier pas; pour entrevoir la lumière, il leur en reste d’autres à effectuer, à commencer jeudi contre Servette. À Tourbillon, l’opération maintien est enfin lancée.

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