Actualisé 04.12.2019 à 15:31

Convois braqués: pourquoi tous les chemins mènent à Vaud

Sécurité

L'attaque d'un fourgon de La Poste à Daillens vient s'ajouter à une liste déjà conséquente de braquages de ce type en terre vaudoise. Un phénomène dû à la proximité de la frontière française, mais pas que.

par
LeMatin.ch

Véhicules incendiés, malfrats armés, magot braqué: ces scènes dignes de films d'action hollywoodiens ont marqué à plusieurs reprises l'actualité vaudoise ces derniers mois. Et si on parle souvent de vague d'attaques en Suisse romande, le canton paraît être le premier choix pour les délinquants en quête d'un convoi de fonds à détrousser.

Des attaques similaires, Vaud en a connu pas moins de six en l'espace de deux ans, avec la dernière en date à Daillens lundi dernier, lors du braquage d'un fourgon de La Poste. Plus parlant encore, les huit derniers convois attaqués – soit depuis janvier 2017 – l'ont été dans le canton.

Alors Vaud est-il devenu le nouvel eldorado des braqueurs? Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police cantonale vaudoise, tient à nuancer. «Ce n’est pas le canton de Vaud qui est privilégié, ce n’est pas une question de canton. Si on se place du côté des délinquants, ils ne connaissent pas la Suisse. Ils ne connaissent pas son organisation avec ses frontières cantonales et communales. Pour eux, ce qui est important, c’est le territoire sur lequel ils peuvent commettre leur délit.»

L'incident survenu à Daillens lundi dernier, filmé par un habitant.

Il n'en reste pas moins vrai que le canton est bel et bien le plus «visité», et ce pour plusieurs raisons. Au premier rang desquelles le nombre de convois qui y transitent. «Le canton de Vaud est le centre de la Suisse romande. C’est le plus grand canton, tous les grands axes qui traversent la Suisse y passent, souligne le porte-parole. C’est également celui qui a le plus de kilomètres d’autoroute. Sur les différents points et lieux où travaillent les entreprises de transport de fonds, la moitié se trouve dans le canton [...] Obligatoirement, si vous allez de Genève à Zurich ou de Sion à Berne, vous passez par le canton de Vaud.»

Autre critère expliquant l'affection des délinquants: l'évidente proximité de la frontière avec la France, d'où proviennent la quasi-totalité des braqueurs de convois qui ont sévi en Suisse romande, en particulier de la banlieue lyonnaise. «Et les zones où les attaques vont avoir lieu, ce n'est pas forcément en pleine ville, mais plutôt sur des axes de transit entre les différents centres, ajoute Jean-Christophe Sauterel. À Genève par exemple, il y a aussi eu des cas, mais ce n’est pas là qu’il y a les zones les plus propices du point de vue des délinquants.»

Cumul de mesures

Afin de lutter contre cette recrudescence des attaques de convois, trois grandes mesures sont actuellement plébiscitées: l'utilisation pour le transport de fonds uniquement de véhicules à blindage lourd, la limitation des montants transportés ainsi que des systèmes d'autodestruction des valeurs en cas de braquage embarqués à l'intérieur des véhicules.

Des mesures déjà mises en place en France, en Italie ou encore Allemagne qui permettraient notamment de rendre la Suisse, et donc le canton de Vaud, moins attractive aux yeux des braqueurs. «On devient une cible privilégiée en Suisse parce que des mesures ont été prises dans les pays qui nous entourent pour rendre ces transports de fonds beaucoup moins intéressants pour les délinquants et qu’en Suisse on n'a pas suivi», déplore Jean-Christophe Sauterel.

Pour l'heure, les autorités vaudoises se sont saisies de la problématique, Béatrice Métraux, cheffe du Département des institutions et de la sécurité, ayant déclaré mardi dernier vouloir soumettre un plan de mesures d'urgence devant le Conseil d'Etat vaudois.

Jonathan Zalts/Yannick Michel

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