Actualisé 12.12.2019 à 15:52

Convois: la contre-attaque vaudoise met Berne sous pression

Mesures

Les mesures urgentes prises par l'Etat de Vaud contre les braqueurs de fourgons mettent le Conseil fédéral devant une situation inédite. Olivier Feller (PLR/VD) espère une réaction rapide.

par
LeMatin.ch
Pour Olivier Feller, l'exception vaudoise en matière de règles pour les transports de fonds ne peut être que transitoire. Il faut une coordination nationale.

Pour Olivier Feller, l'exception vaudoise en matière de règles pour les transports de fonds ne peut être que transitoire. Il faut une coordination nationale.

Keystone

Depuis la décision mercredi des autorités vaudoises d'instaurer une sorte d'état d'urgence sur ses routes pour les convois de fonds, la Suisse se retrouve dans une situation inédite. Ainsi tout véhicule de transport de fonds qui entre sur le territoire cantonal doit respecter ces mesures: l'interdiction de circuler entre 22 heures et 5 heures, pas plus de 10 millions de francs dans un véhicule, 2 personnes à bord et surtout un système d'auto-destruction des billets en cas d'attaque.

Dialogue de sourds

«Pour aller de Zurich à Genève, on doit forcément passer par le canton de Vaud... Une coordination fédérale est nécessaire», plaide le conseiller national Olivier Feller (PLR/VD). Celui-ci a déjà demandé à deux reprises à la conseillère fédérale en charge des transports, Simonetta Sommaruga, d'assouplir l'ordonnance sur la circulation afin de permettre d'effectuer des transferts de fonds la nuit dans des véhicules blindés lourds. Par deux fois, elle a répondu qu'il n'était pas question de déroger à l'interdiction de circuler la nuit en raison des nuisances sonores et que ces transferts n'avaient qu'à se faire la journée.

«Comme pour les fleurs coupées...»

L'attaque de Daillens le 2 décembre dernier a relancé le débat. Aujourd'hui, Olivier Feller a déposé une interpellation à l'adresse de la même conseillère fédérale lui demandant, au vu des mesures prises dans le canton de Vaud, s'il n'est pas temps d'instaurer une coordination fédérale sur le sujet. Il revient également avec sa demande de lever l'interdiction des véhicules blindés lourds la nuit, «comme cela est déjà possible pour les fleurs coupées et d’autres biens», ajoute-t-il pour montrer qu'il y a deux poids et deux mesures. Le bruit des fleurs semble plus tolérable que celui des billets...

Les blindés lourds en échange

Les mesures urgentes prises dans le canton de Vaud vont compliquer singulièrement la tâche des convoyeurs, de leurs clients et des consommateurs avec de possibles difficultés dans l'approvisionnement des bancomats. «Le but de mon interpellation est de faire pression, précise-t-il, et la situation demande une réponse rapide. Si la Confédération accepte d'autoriser les véhicules lourds la nuit, l'Etat de Vaud pourrait alléger son dispositif en levant son interdiction de transport la nuit».

Les autres mesures, notamment celle d'avoir un système de destruction des billets en cas d'attaque, demeureront. Elles doivent être confirmées dans une loi pérenne par le Grand Conseil vaudois.

Eric Felley

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