Suisse - Coordination nationale contre les violences domestiques

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Confédération, cantons et acteurs concernés ont signé vendredi une feuille de route pour renforcer la lutte contre les violences domestiques en Suisse.

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Comm/JBA
La conseillère fédérale Karin Keller-Sutter a présenté aujourd’hui la feuille de route qui doit permettre de renforcer la lutte contre les violences domestiques en Suisse.

La conseillère fédérale Karin Keller-Sutter a présenté aujourd’hui la feuille de route qui doit permettre de renforcer la lutte contre les violences domestiques en Suisse.

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La Confédération, les cantons et des organisations de la société civile unissent leurs forces pour lutter contre la violence domestique. «Beaucoup de choses ont été entreprises, mais les violences demeurent et nous n’avons pas pu les éliminer», a déclaré la cheffe du Département fédéral de justice et police (DFJP), Karin Keller-Sutter lors d’une conférence de presse vendredi à Berne. «Il est essentiel que tous ces acteurs coordonnent leurs efforts pour déployer tous leurs effets», a-t-elle ajouté.

À l’invitation du DFJP, les acteurs du domaine se sont assis autour d’une table ce vendredi à Berne pour un dialogue stratégique sur la violence domestique. La rencontre s’est conclue par la signature d’une feuille de route dans laquelle la Confédération et les cantons définissent des mesures concrètes, comme l’emploi de dispositifs techniques ou la mise en place d’un numéro de téléphone central pour les victimes de violences domestiques.

«La violence domestique n’est pas un délit marginal», a rappelé pour sa part Fredy Fässler, président de la Conférence des directrices et directeurs cantonaux de justice et police (CCDJP). Selon les statistiques, la police a enregistré en 2020 environ 20’000 infractions relevant des violences domestiques et 28 personnes ont perdu la vie. «Il s’agit de la partie émergée de l’iceberg puisque 80% des violences domestiques ne font l’objet d’aucune plainte», a précisé Sylvie Durrer, directrice du Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes.

Mesures concrètes

Les travaux préparatoires menés sous la direction de l'Office fédéral de la justice et les discussions entre les acteurs ont montré que c’est principalement au niveau de la mise en œuvre des lois existantes qu’il y a lieu d’agir pour améliorer la situation. «Avec la réunion d’aujourd’hui, un nouveau jalon est posé», a poursuivi Sylvie Durrer soulignant que «s’il n’y a pas de risque zéro, nous réaffirmons le principe de tolérance zéro envers la violence domestique.»

Selon le Conseil fédéral et les cantons, des mesures concrètes sont nécessaires pour combler les lacunes identifiées, notamment en ce qui concerne la gestion des menaces, le recours à des dispositifs techniques de protection et l’accès à des prestations d’aide.

La feuille de route a été signée par la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter, la présidente du gouvernement jurassien et présidente de la CDAS Nathalie Barthoulot, et par le conseiller d'État saint-gallois Fredy Fässler. Ce document pose les bases de la mise en œuvre de la Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Convention d’Istanbul), que la Suisse a ratifiée en 2018.

Bouton d’alarme

La feuille de route détaille dix champs d’action prioritaires et formule des propositions concrètes concernant notamment l’emploi de solutions techniques: les cantons vont étudier la possibilité, dans le cadre d’un projet pilote, de mettre un bouton d’alarme à la disposition des victimes sur une base volontaire. Un autre champ d’action essentiel est de faciliter l’accès des victimes à des offres de conseil. La pandémie a relancé les discussions sur la mise en place d’un numéro d’appel central fournissant une aide 24 heures sur 24.

Un journaliste a demandé si l’introduction, seulement maintenant, d’un tel service téléphonique au niveau national n’était pas le signe d’un retard de la Suisse dans le domaine. Karin Keller-Sutter a admis que «les choses avaient évolué de façon un peu lente» tout en précisant: «Ce qui est vraiment essentiel aujourd’hui, c’est qu’on montre que la Confédération et les cantons travaillent ensemble.» A ce propos, Sylvie Durrer a tenu à rappeler que les victimes avaient déjà la possibilité de demander de l’aide en tout temps. «La police est là, et n’importe qui peut appeler le 117 en cas de besoin.»

La Confédération et les cantons relèvent en outre l’importance de renforcer encore le partage d’informations entre les autorités et les institutions. Une collaboration indispensable pour détecter à temps les menaces et prévenir les actes de violence, selon le Conseil fédéral. En signant la feuille de route, les cantons se déclarent favorables à l’adoption de normes de qualité pour leurs systèmes respectifs de gestion des menaces.

Les autres champs d’action identifiés dans la feuille de route sont la nécessité d’une approche coordonnée entre les acteurs, la prévention, la prise en charge des victimes, la protection des enfants, le suivi des auteurs de violences domestiques, la formation continue et le cadre légal.

Les Verts satisfaits

Dans un communiqué publié vendredi, le parti des Verts suisses dit accueillir avec satisfaction le dialogue stratégique que la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter a entamé aujourd’hui avec les cantons et les partenaires sociaux. Le parti écologiste demande aux autorités d’agir vite «en débloquant des fonds. Nous demandons que l’accès aux aides et à la prévention soit amélioré en le rendant plurilingue et permanent. En outre, les auteurs présumés de violences domestiques doivent être éloignés du foyer. Enfin, la Suisse doit s’engager résolument à l’internationale en faveur de la Convention d’Istanbul», écrivent Les Verts.

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