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footCorée du Sud: la féminité d'une star du foot sur la sellette

SEOUL, 08 nov 2013 (AFP) - Les entraîneurs de six des sept clubs du championnat de football féminin de Corée du Sud ont réclamé la suspension de l'attaquante vedette du pays tant qu'elle n'aura pas prouvé être une femme, déclenchant une polémique portée devant la Commission nationale des droits de...

l'Homme. Les dirigeants du club de Séoul City ont dénoncé jeudi la démarche des entraîneurs, qui veulent soumettre à un test de féminité son attaquante Park Eun-Seon, la meilleure buteuse du championnat. C'est "une grave violation des droits de l'Homme", ont-ils lancé en conférence de presse, réclamant des excuses et menaçant de porter l'affaire devant la justice. La Commission nationale des droits de l'Homme a confirmé à l'AFP avoir reçu une demande d'enquête, et un haut responsable de la Fédération sud-coréenne de football féminin (KWFF) a affirmé vendredi qu'il n'était pas question de procéder "à un test pour vérifier le sexe" de la joueuse. Jeudi, un des six entraîneurs, Lee Sung-Gyun, du Suwon FMC, a présenté à la fois des excuses et sa démission, expliquant toutefois que la démarche avait été mal interprétée: "nous nous demandions seulement pourquoi Park n'est pas sélectionnée en équipe nationale, alors qu'elle est la meilleure joueuse". Park compte en fait 19 sélections et a joué la Coupe du monde 2003, mais sa féminité a déjà été mise en doute à la veille de la Coupe d'Asie 2010 en Chine, pour laquelle elle n'avait pas été retenue en équipe nationale. Park a écrit sur son compte Facebook qu'elle se sent "humiliée", rappelant avoir satisfait à plusieurs tests de ce genre dans le passé. "Je sais ce que ces gens cherchent à faire, mais je ne me laisserai pas faire", a-t-elle ajouté. "L'affaire Park" rappelle celle de Caster Semenya, l'athlète sud-africaine accusée d'être un homme après son titre mondial sur 800 mètres en 2009 à Berlin. Les tests ordonnés par la Fédération internationale avaient conclu qu'elle était certes une femme, mais qu'elle présentait un taux inhabituellement élevé de testostérone, l'hormone mâle. D'abord suspendue, elle avait été à nouveau autorisée à courir, et avait été le porte-drapeau de l'Afrique du Sud aux JO-2012, à Londres, où elle avait terminé 2e du 800 m, derrière la Russe Mariya Savinova. lim/gh/gv/mhc

(AFP)

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