Ski alpin: Corinne Suter: «Mes médailles ne me changeront pas»

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Ski alpinCorinne Suter: «Mes médailles ne me changeront pas»

En lice ce week-end en Valais, la Schwytzoise a changé de statut après ses deux médailles décrochées aux Mondiaux d'Åre. Interview.

par
Stéphane Combe
Crans-Montana
La Schwytzoise, fan de lutte suisse, préfère briller en toute simplicité

La Schwytzoise, fan de lutte suisse, préfère briller en toute simplicité

Keystone

Grande dame de la vitesse aux Mondiaux d'Åre (médaille d'argent en descente et de bronze en super-G), Corinne Suter est à Crans-Montana pour appliquer la même recette. Ça tombe bien: elle est toujours en quête d'un premier podium en Coupe du monde.

Corinne Suter, comment s'est passée la transition depuis Åre?

Ce fut beaucoup d'émotions et de longues journées, notamment avec la réception chez moi à Schwytz. Mais à part un petit refroidissement en début de semaine, je ne peux pas me plaindre.

Vous êtes déjà à l'aise à l'entraînement ici à Crans-Montana (2e et 5e). Ces Mondiaux ont-ils provoqué un déclic en vous?

On peut le dire. Je reste sur d'excellentes sensations et je les ai tout de suite retrouvées ici. C'est un symbole. Désormais, la pression que je me mettais en compétition s'est envolée et je me sens libérée.

Avez-vous l'impression d'être devenue une star?

Non, on ne me le fait pas sentir. Et je ne pense pas que cela me convienne non plus. Je reçois un peu plus d'attention des médias, mais rien d'autre ne change. Je fais attention à cela. Les médailles ne me feront pas devenir une autre personne. D'ailleurs, mes entraîneurs m'ont aidé à tout maîtriser.

On parle de cette piste à Crans-Montana comme la plus difficile du calendrier. Est-ce votre avis?

Elle est certes très technique, avec ses nombreux sauts notamment, mais tu n'atteins jamais une vitesse incroyable avec un vent qui te balaie. C'est pour ça que je trouve celle de Lake Louise, par exemple, plus difficile.

Quid de l'ambiance lorsqu'une Suissesses s'élance sur le Mont-Lachaux?

(Grand sourire.) C'est une étape de Coupe du monde particulière pour les Suisses. Il y a beaucoup de public, de bénévoles, de militaires qui nous encouragent. Je ne le vois pas du tout comme de la pression, mais bien une motivation supplémentaire.

Vos proches ont aussi dû vous solliciter après vos exploits...

J'ai reçu environ 500 messages, dont la grande majorité étaient positifs. Il y avait aussi parfois un peu de jalousie, mais ça ne m'atteint pas. J'essaie de plaire à tout le monde, même si je dois aussi de me concentrer sur l'essentiel. Je dois encore apprendre à devenir plus égoïste.

Avez-vous eu le temps de savourer?

J'ai essayé, en tout cas. Jasmine Flury m'avait dit qu'elle n'avait pas suffisamment profité du moment lors de sa victoire en super-G à St-Moritz en 2017. Elle l'a regretté. Ses mots m'ont traversé l'esprit à plusieurs reprises.

Avez-vous un rêve?

Gagner aux Jeux Olympiques. C'est quelque chose que j'ai écrit dans un journal intime quand j'étais petite.

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