Actualisé 04.03.2020 à 05:52

Coronavirus: confiné à l'hôtel, un Suisse dit son «impuissance»

Espagne

Après la découverte d'un cas de coronavirus dans le complexe où il séjournait, à Tenerife (E), un couple zougois s'est retrouvé coincé en quarantaine. Témoignage.

par
lematin.ch
Plus de 700 personnes sont actuellement confinées dans l'hôtel Costa Adeje Palace, à Tenerife.

Plus de 700 personnes sont actuellement confinées dans l'hôtel Costa Adeje Palace, à Tenerife.

H10hotels.com

Le 22 février dernier, Thomas Schilliger s'est envolé avec sa compagne et partenaire d'affaires Ruth Hess pour l'île de Tenerife, dans l'archipel espagnol des Canaries. Selon «Blick», ce couple vivant à Risch-Rotkreuz (ZG) avait prévu de s'offrir un séjour paisible dans l'imposant complexe hôtelier Costa Adeje Palace pour leurs premières vacances en neuf ans.

Mais ce qui devait être un voyage de détente et de promenades en bord de plage a pris un tournant des plus sérieux trois jours après leur arrivée, lorsque le personnel de l'hôtel leur a glissé un papier sous la porte: «L'hôtel sera bouclé pour des raisons sanitaires. Veuillez rester dans votre chambre jusqu'à nouvel ordre», indiquait le message.

Ces «raisons sanitaires», c'était le coronavirus. Après un dépistage, un touriste italien a ainsi été contrôlé positivement au virus. En tout, quatre cas seront détectés dans l'hôtel, les 723 clients y séjournant devant dès lors être placés en quarantaine.

«Jouer la prudence»

Depuis, Thomas et Ruth restent confinés dans leur chambre. Si d'autres clients s'autorisent à utiliser la piscine ou la salle à manger du complexe, le couple préfère quant à lui ne pas quitter ses quartiers. «Officiellement, ce n'est pas encore autorisé. Nous préférons jouer la prudence», explique Thomas à «Blick».

Chaque jour, le personnel leur donc amène un panier-repas composé de sandwichs, de jus d'orange ou encore de fruits. Et pour passer le temps, le couple joue à la bataille navale et regarde la télévision. «Nous n'avons même pas encore été testés, déplore Thomas Schilliger. Nous avons eu beaucoup de contacts avec la population locale les jours suivant notre arrivée. Ils doivent être informés si nous sommes infectés.»

Avenir professionnel

S'il assure que sa compagne et lui sont en bonne santé, Thomas se dit toutefois inquiet pour son entreprise de transport, qu'il a fondée en 2011 et qui emploie cinq personnes à Risch-Rotkreuz (ZG). «Chaque jour où nous ne sommes pas au bureau nous coûte environ 15 000 francs», indique-t-il. «Ce qui m'inquiète le plus, ce sont mes employés. Ce sont tous des collègues, nous sommes une entreprise familiale.»

Et d'ajouter: «Je me sens impuissant. Nous sommes coincés ici en parfaite santé et devons nous soucier de notre avenir. Dans le secteur des transports, vous ne gagnez plus autant qu'auparavant, vous ne pouvez pas accumuler de gros pécule.»

Protocoles sanitaires

Pour l'heure, le délai de quarantaine court jusqu'au 10 mars prochain. Les autorités espagnoles ont toutefois indiqué que les clients de l'hôtel testés négativement au coronavirus pourraient rentrer avant cette date, à condition que leur pays d'origine organise des vols pour les rapatrier dans le respect des protocoles sanitaires.

Dès lors, Thomas Schilliger en appelle au Conseil fédéral: «[..] J'aimerais lui expliquer la situation. Il n'est pas possible que l'oeuvre de ma vie soit détruite alors qu'il existe une solution.»

Contacté par «Blick» au sujet du couple zougois, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) s'en réfère à la loi sur les Suisses de l'étranger, expliquant que s'ils ont bien le droit à une assistance, «les ressortissants suisses n’ont pas un droit absolu à un rapatriement organisé depuis une zone en crise.»

J.Z

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