Avions: Coronavirus: les Suisses apprennent à voyager autrement

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AvionsCoronavirus: les Suisses apprennent à voyager autrement

En plein redémarrage, les aéroports se dotent de nouveaux outils pour limiter les risques de propagation. Tour d'horizon.

par
lematin.ch
Des passagers masqués embarquent à l'aéroport de Genève.

Des passagers masqués embarquent à l'aéroport de Genève.

Keystone

Voyager par les airs était encore un rêve cerné d'incertitudes il y a peu de temps. Durant deux mois, les mesures de confinement et la fermeture des frontières ont paralysé le trafic aérien, faisant chuter le chiffre d'affaires des entreprises du secteur de 55%.

Pour exemple, l'aéroport de Genève qui comptait une moyenne de 400 à 500 mouvements par jour n'en dénombrait plus que 40. Au lieu de ses 50 000 à 60 000 passagers quotidiens habituels, seule une centaine se présentait chaque jour.

Chacun fixe ses règles

Depuis fin mai, avec le week-end de la Pentecôte, le système s'est remis en branle. Le nombre de passagers a grimpé à 500. Les mouvements, à 100. Pour gérer ce nouvel afflux tout en respectant les mesures sanitaires, de nouveaux outils ont été déployés.

En termes de règles à respecter, chaque compagnie fixe les siennes. Swiss, par exemple, recommande le port du masque à ses passagers, mais ne l'impose pas. Pour Easyjet, ce n'est pas négociable.

En terme de dispositif technique pour limiter la propagation de bactéries, les deux compagnies ont fait installer des filtres à air dans les systèmes de ventilation de leurs avions.

Certains aéroports européens sont allés plus loin. Celui de Roissy-Charles-de-Gaulles, à Paris, s'est doté de divers capteurs permettant de lancer l'alerte en cas de rassemblement trop important en un même lieu et de surveiller la quantité de gel hydroalcoolique distribuée, en temps réel.

Des caméras thermiques pour éviter la quarantaine

L'aéroport français a aussi osé l'installation de caméras thermiques en sortie de la zone de récupération des bagages pour détecter les passagers fiévreux susceptibles d'être porteurs du Covid-19.

Cette mesure, peu commune en Europe, est courante dans plusieurs pays d'Asie. Si elle peut être jugée intrusive, elle aurait pour avantage de délivrer des «passeports sanitaires» assurant la bonne santé du voyageur.

Ce dernier pourrait échapper à une quarantaine préventive pour l'heure obligatoire dans certains pays, comme l'a souligné Sébastien Fabre, vice-président de la Société internationale de télécommunication aéronautique au journal Bilan.

Genève compte sur le bon sens

L'aéroport de Genève, lui, n'en est pas là. Il mise avant tout sur le sens des responsabilités des passagers en leur fournissant les informations nécessaires.

Comme la grande majorité des magasins et autres établissements ouverts au public, il a augmenté la fréquence et la qualité de ses mesures d'hygiène, mis en place des vitres de protection en plexiglas pour préserver le personnel et espacé les files d'attente.

Les voyageurs sont invités à scanner eux-même leur carte d'embarquement et à utiliser l'automatisation de dépose des bagages en soute, lorsqu'elle est possible.

Laura Juliano

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