Actualisé 04.02.2020 à 15:19

ConséquencesCoronavirus: vers une pénurie de smartphones?

La Chine est aujourd'hui incontournable dans la fabrication de nos téléphones. Faut-il craindre un manque? Pour Vincent Subilia, pas à court terme en tout cas.

Directeur général de la Chambre de commerce, d'industrie et de services de Genève, et vice-président romand de la Chambre de commerce Chine-Suisse, Vincent Subilia estime qu'il ne faut pas céder à la psychose.

Directeur général de la Chambre de commerce, d'industrie et de services de Genève, et vice-président romand de la Chambre de commerce Chine-Suisse, Vincent Subilia estime qu'il ne faut pas céder à la psychose.

istock/CCIG

Le marché de la téléphonie mobile propose aujourd'hui des modèles de marque chinoise: Huawei, Xiaomi ou OnePlus et d'autres modèles non chinois Samsung ou Apple, qui sont cependant fabriqués en Chine. Avec les mesures de quarantaine qui sont prises pour contenir l'épidémie du coronavirus, les échanges de personnes, mais aussi de biens sont réduites. Faut-il craindre des ruptures de stocks dans les mois à venir ?

«La psychose s'étend plus vite»

Pour Vincent Subilia, directeur général de la Chambre de commerce, d'industrie et des services de genève, et vice-président romand de la Chambre de commerce Suisse-Chine: «Si l'épidémie se prolonge, cela peut occasionner quelques difficultés d'approvisionnement. La Chine s'en défend, les stocks sont suffisants. La psychose s'étend plus vite que l'épidémie.»

La Chine incontournable

Aujourd'hui la Chine est pleinement intégrée dans le commerce mondial: «Si on prend l'exemple de l'iphone, constate-t-il, le design est conçu chez Apple en Californie, mais il est fabriqué par Foxconn en Chine. Il faut être conscient que la Chine est devenue un leader mondial dans les TIC, les technologies de l'information et de la communication. Ces technologies ont des cycles de production très courts. Actuellement, les usines sont fermées à cause du congé du Nouvel an et elles devraient rouvrir dans une semaine. Si la quarantaine devait se prolonger, malgré les stocks, il pourrait y avoir un effet disruptif.» Quand? «Nous n'avons pas une visibilité précise sur les stocks, mais d'après les indices qui sont fournis, cela ne devrait pas se produire à court terme, mais dans le moyen ou le long terme.»

La Chine n'est plus «l'usine du monde»

Dans le commerce en général, d'autres secteurs sont-ils touchés?«La Chine, précise Vincent Subilia, n'est plus l'usine du monde comme on la qualifiait, du moins dans une moindre mesure. Certains secteurs, comme le textile par exemple, ont été délocalisés dans d'autres pays du Sud-Est asiatique et en Afrique. Mais elle reste encore importante dans l'industrie automobile, du jouet ou du meuble, par exemple.»

En attendant que la situation se normalise

Faut-il être pessimiste? «D'une manière générale, conclut le Genevois, il faut souligner les efforts faits par la Chine avec une vraie volonté de maîtriser l'épidémie. Elle est certes très préoccupante, mais elle fait moins de victimes que la grippe indigène et son taux de mortalité est estimé entre 2 et 3% selon les spécialistes. Le principe de précaution a été adopté à juste titre, mais il faut espérer que la situation puisse se normaliser.»

Eric Felley

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