France: Corruption au Togo: le dossier de Bolloré retourne chez un juge d’instruction
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FranceCorruption au Togo: le dossier de Bolloré retourne chez un juge d’instruction

Le «plaider coupable» de Vincent Bolloré et deux autres responsables du groupe dans une affaire de corruption au Togo n’ayant pas été homologué, le Parquet national financier a renvoyé le dossier à un juge d’instruction.

Vincent Bolloré a reconnu avoir utilisé les activités de conseil politique de la filiale Havas afin de décrocher la gestion des ports de Lomé et de Conakry au bénéfice d’une autre filiale. (Photo ERIC PIERMONT / AFP)

Vincent Bolloré a reconnu avoir utilisé les activités de conseil politique de la filiale Havas afin de décrocher la gestion des ports de Lomé et de Conakry au bénéfice d’une autre filiale. (Photo ERIC PIERMONT / AFP)

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Le parquet national financier (PNF) a décidé de renvoyer à un juge d’instruction le dossier de Vincent Bolloré et deux responsables après la non-homologation de leur «plaider coupable» fin février pour notamment des faits de corruption au Togo, a-t-il indiqué dimanche à l’AFP.

Au terme d’une enquête confiée en 2013 à des juges d’instruction et de deux mois de négociations avec le PNF, Vincent Bolloré, Gilles Alix, directeur général du groupe Bolloré, et Jean-Philippe Dorent, directeur international de l’agence de communication Havas (filiale de Bolloré) avaient accepté une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), sorte de «plaider coupable» à la française.

Mais lors de l’audience, le 26 février, la magistrate Isabelle Prévost-Deprez a refusé d’homologuer les CRPC, qui prévoyaient le paiement d’une amende de 375’000 euros pour chacun des trois prévenus, estimant que les faits, graves, devaient être jugés par le tribunal correctionnel.

L’ordonnance de renvoi des trois hommes par le biais de la CRPC «a été rendue caduque en suite de la non-homologation» de la procédure, a expliqué le PNF. «Cet aspect du dossier revient en conséquence au juge d’instruction, le PNF ayant décidé de ne pas assigner au fond les trois prévenus devant le tribunal correctionnel», comme il en avait la possibilité, a-t-il ajouté.

«Plaider coupable»

Lors de cette même audience, la magistrate a en revanche homologué la Convention judiciaire d’intérêt public (CJIP) – «plaider coupable» pour les entreprises – visant le groupe Bolloré, poursuivi pour les mêmes faits.

Cette convention a été «exécutée par le paiement de l’amende – 12 millions d’euros – intervenu le 8 mars» au Trésor public, a précisé le PNF. Le groupe devra en outre mettre en place, pour quatre millions d’euros, un programme de conformité aux règles de l’Agence française anticorruption (AFA). Néanmoins, «le PNF a introduit, vendredi, un recours pour excès de pouvoir devant la chambre criminelle de la Cour de cassation» en raison de plusieurs mentions, dans l’ordonnance de validation de la CJIP des trois CRPC qui n’ont finalement pas été homologuées, a souligné le parquet financier.

La CJIP pourrait donc être invalidée pour vice de forme et retourner à la présidence du tribunal qui devra ensuite statuer sur son homologation, mais le PNF n’entend pas la remettre en cause. Lors de l’audience, Vincent Bolloré, Gilles Alix et Jean-Philippe Dorent ont reconnu avoir utilisé les activités de conseil politique de la filiale Havas afin de décrocher la gestion des ports de Lomé au Togo et de Conakry en Guinée au bénéfice d’une autre filiale, Bolloré Africa Logistics, anciennement appelée SDV.

SDV avait obtenu la gestion du port de Conakry quelques mois après l’élection à la présidence guinéenne d’Alpha Condé fin 2010 et avait remporté la concession à Lomé peu avant la réélection en 2010 au Togo de Faure Gnassingbé. Cependant, les trois hommes peuvent revenir sur leurs aveux: en raison de leur non-homologation, les CRPC n’ont désormais plus aucune valeur juridique et leurs déclarations ne pourront pas être mentionnées devant le tribunal correctionnel.

(AFP)

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