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EspagneCorruption: la justice renonce à convoquer Mariano Rajoy

Le juge espagnol chargé d'enquêter sur un vaste scandale de corruption a décidé vendredi qu'il n'y avait pas lieu d'entendre comme témoin le chef du gouvernement Mariano Rajoy, éclaboussé par cette affaire.

Mariano Rajoy, chef du gouvernement espagnol.

Mariano Rajoy, chef du gouvernement espagnol.

ARCHIVES, AFP

Le nom du chef du gouvernement espagnol MarianoRajoy est apparu dans une enquête concernant une présumée comptabilité occulte du Parti populaire.

Le juge de l'Audience nationale de Madrid, Pablo Ruz, écrit dans sa décision «qu'il n'y a pas lieu d'entendre» comme témoins plusieurs personnes, dont Mariano Rajoy, qui avaient été citées par les représentants de l'accusation.

«Conformément à la position du parquet, le juge Pablo Ruz s'oppose à l'entendre, lui comme d'autres dirigeants ou ex-dirigeants du parti» populaire (droite), a expliqué une source judiciaire.

Le nom de Mariano Rajoy est apparu dans une enquête concernant une présumée comptabilité occulte du Parti populaire, organisée par Luis Barcenas, intendant puis trésorier de 1990 à 2009 du PP, et ancien proche de Mariano Rajoy qui préside le PP depuis 2004. Par le passé, la justice espagnole avait découvert que M. Barcenas avait détenu jusqu'à 47 millions d'euros sur deux comptes en Suisse.

Le chef du gouvernement avait exclu de démissionner devant les députés début août, affirmant être «un homme droit et honnête» mais reconnaissant s'être «trompé» en accordant sa confiance à l'ex-trésorier du parti Luis Barcenas. Le scandale avait éclaté en janvier avec la publication dans la presse de documents révélant une présumée comptabilité parallèle au sein du parti.

Affaire «Gürtel»

Le nom de Mariano Rajoy est apparu pour la première fois le 31 janvier dans des notes publiées par «El Pais», devenues célèbres sous le nom de «notes de Barcenas». Selon ces documents, le chef du gouvernement aurait perçu, entre 1997 et 2008, «des paiements pour un montant total de 25'200 euros par an» provenant de dons de chefs d'entreprises privées.

Le journal El Mundo a calculé que c'est une somme totale de «343'700 euros» que l'ex-trésorier aurait destinée à Mariano Rajoy durant une vingtaine d'années. Le Premier ministre a reconnu début août devant les députés que le parti avait versé des «rémunérations complémentaires» à certains de ses dirigeants «pour leur travail».

Luis Barcenas a été placé en détention provisoire le 27 juin par le juge Ruz pour fraude fiscale et blanchiment d'argent, dans le cadre d'un autre volet de ce scandale, l'affaire «Gürtel», qui empoisonne la droite depuis 2009.

(ats)

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