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Étrange témoinCoup de théâtre avant le procès Sperisen

La seule plaignante au procès de l'ancien chef de la police du Guatemala, qui possède la nationalité suisse, affirme ce matin dans «l'Illustré» ne pas savoir qu'elle avait signé une plainte.

par
Valérie Duby
Erwin Sperisen en 2004 au Guatemala.

Erwin Sperisen en 2004 au Guatemala.

AFP

Le procès d'Erwin Sperisen, ancien chef de la police civile du Guatemala, accusé de dix assassinats perpétrés à la prison de Pavón, commence demain et plutôt mal. Ce matin, l'Illustré révèle que la seule plaignante au procès – la mère de Carlos, un détenu exécuté en septembre 2006 au pénitencier – n'est pas au courant du procès genevois.

Maria del Socorro Vasquez de Boche, c'est son nom, ne semble au courant de rien. Elle ne connaît pas l'avocate genevoise censée la représenter au procès. Et sa plainte pénale, rédigée en français et portant sa griffe? La septuagénaire assure à l'Illustré – qui l'a retrouvée dans un village à la frontière du Honduras, dans une zone considérée comme l'une des plus dangereuses de ce pays d'Amérique centrale – qu'on lui «a fait signer des papiers» en lui promettant des dédommagements pour la mort de son fils.

«J'ai signé parce qu'ils m'avaient dit que c'était pour nous indemniser, nous, les victimes (…) Ils sont venus ici et m'ont dit que je devais aller au siège de la CICIG (la Commission internationale contre l'impunité au Guatemala), à Ciudad de Guatemala. Ils m'ont payé le déplacement. Quand je m'apprêtais à partir, ils m'ont fait signer ces papiers. La vérité, c'est que j'ai signé sans me rendre compte. (…)», explique-t-elle à notre confrère. Depuis, assure la mère de Carlos, elle n'a plus de nouvelles de personne.

Selon l'Illustré, l'avocate de María del Socorro Vasquez de Boche, présentée comme l'accusatrice numéro un du procès Sperisen, a écrit la semaine dernière au tribunal criminel de Genève pour l'informer que sa cliente, en raison de son grand âge, renonçait à faire le déplacement à Genève.

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