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rugbyCoupe d'Europe - Exeter: Baxter, entraîneur tous terrains (MAGAZINE)

Par Jérémy MAROT

Paris, 10 déc 2015 (AFP) - Entraîneur en vogue d'Exeter, Rob Baxter est pétri de valeurs simples, que l'on évoque sa fidélité indéfectible à sa région et son club de toujours, ou son goût du labeur, partagé entre la ferme familiale et le ballon ovale.

Baxter, c'est d'abord une dynastie dont l'histoire est intimement liée à ce petit club du Devon devenu terreur du championnat anglais.

Il y a Rob bien sûr, âgé de 48 ans, dont le nom a été cité dernièrement au moment trouver un successeur à Stuart Lancaster, le sélectionneur du XV de la Rose.

Mais avant lui, John, le père, ancien deuxième ligne d'Exeter qui poussait derrière son pilier de frère Paul, et est devenu dirigeant du club avant de se retirer en 2009, après 47 ans de bons et loyaux services en tous genres.

Le petit frère de Rob, Richard, a lui aussi fait le bonheur des Chiefs pendant 16 saisons, au poste de N.8. A son crédit, 126 essais en 431 matches et un capitanat bien mérité avant de raccrocher les crampons en 2013. Le cousin Eddie a aussi fait quelques apparitions sous le maillot local.

Au milieu de cette histoire de famille, Rob Baxter fait figure d'enfant prodige. Pas tant pour sa carrière de joueur - 14 saisons comme âpre deuxième ligne des Chiefs, dont 10 comme capitaine, tout de même - que pour celle d'entraîneur à succès.

Nommé à la tête des Chiefs en mai 2009, il parvient dès sa saison initiatique à faire monter ses troupes dans l'élite, une première dans la légende d'un des plus vieux clubs d'Angleterre, fondé en 1871. Déjà un accomplissement.

"Mon père, John, a joué des centaines de matches pour le club et quand j'étais enfant, j'ai décidé en le voyant que je voulais devenir joueur de rugby moi aussi", expliquait-il au quotidien The Times en 2012. "C'était un grand objectif pour moi, donc avoir la chance d'être capitaine puis entraîneur, c'est très émouvant pour moi".

Régulièrement annoncé ici ou là, pour prendre en mains des clubs plus cotés ou même intégrer l'encadrement de la sélection nationale, Baxter reste fidèle au Devon. Il confesse volontiers son attachement à ses racines et à sa ferme, dans laquelle il vit encore avec son épouse et ses deux enfants, comme son frère et son père.

Une propriété de quelques 120 hectares où paît du bétail et où il suait quasiment à plein temps quand il était joueur, moins désormais.

"J'ai été plus longtemps fermier qu'impliqué dans le monde du sport", relève-t-il. "J'aime beaucoup être dehors, sur mes terres, et j'adore prendre un moment pour m'arrêter et juste regarder ma ferme et les champs autour".

Appelé en renfort en juin 2013 pour épauler Stuart Lancaster lors de la tournée du XV de la Rose en Argentine, Baxter avait eu spontanément une pensée pour son élevage. "Si j'étais resté à la maison, j'en aurais profité pour travailler dans la ferme. Le mois qui suit la fin de saison est généralement propice à cela", avait-il expliqué.

Entraîneur reconnu, salué pour la qualité de la relation humaine qu'il parvient à établir avec ses hommes, Baxter est aussi loué pour savoir tirer le meilleur d'un effectif sans immense star et d'avoir su biberonné quelques jeunes prometteurs, à l'image de l'ailier Jack Nowell, du centre Henry Slade ou du talonneur Luke Cowan-Dickie.

Si Exeter bénéficie du soutien du magnat des télécoms Tony Rowe, Baxter a choisi de façonner une équipe cultivant des valeurs de modestie et de travail, à son image. Les Chiefs se sont construit aussi une identité de jeu, autour de trois-quarts rapides, en mettant l'accent sur l'aisance technique à tous les postes.

La méthode Baxter a été recompensée par une cinquième place en championnat l'an passé. Actuellement deuxièmes, les Chiefs sont solidement ancrés en haut de tableau, cultivant ainsi la brillante réputation de leur entraîneur.

jmt/agu

(AFP)

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