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Coupe de l'America - Les Kiwis courent seuls pendant que le jury délibère (PAPIER GENERAL)

Par Hervé GUILBAUD SAN FRANCISCO, 09 juil 2013 (AFP) - Les Néo-Zélandais devraient engranger mardi un autre point dans la deuxième course des éliminatoires des challengers de la Coupe de l'America, lors d'une régate virtuelle contre les Suédois d'Artemis dont le nouveau bateau n'a toujours pas été mis à l'eau.

Et pendant que les Kiwis boucleront le parcours mouillé en baie de San Francisco, condition indispensable pour marquer ce point, les discussions vont continuer autour du tapis vert pour tenter de se débarrasser du désormais fameux "ruddergate" qui empoisonne les débuts de la 34e "Cup". Les cinq membres du jury de la Fédération internationale de voile (ISAF) ont entamé lundi leurs discussions avec les organisateurs et des membres de chaque équipe (le détenteur du trophée, Oracle Team USA, et ses trois challengers: Emirates Team New Zealand, Luna Rossa et Artemis). Une décision est attendue "en milieu de semaine". Le litige porte sur des appendices fixés sur les safrans en T majuscule inversé des AC72, les plans porteurs ( rudder elevators , en anglais). Ils permettent à ces catamarans hyper puissants de 22 m de long, menés par des équipages de 11 personnes, de déjauger à partir d'une certaine vitesse et de "voler" au-dessus de l'eau. Pour empêcher les multicoques de sancir (chavirer par l'avant) et éviter un nouveau drame comme celui du 9 mai, quand Artemis a perdu un équipier lors du chavirage de son premier bateau, le directeur des courses Iain Murray veut imposer des plans porteurs de plus grande dimension. Les Italiens et les Néo-Zélandais refusent, affirmant que les leurs sont au point et parfaitement sûrs. En plus, ajoutent-ils, on ne change pas le règlement à quelques jours des premières régates. Pas sur la même longueur d'onde Dimanche, les Kiwis avaient déjà remporté un premier point lors d'une vraie-fausse régate, leurs adversaires italiens ayant choisi de rester à terre dans l'attente d'une décision du jury. Pour compliquer encore un peu plus la situation, les trois challengers ne sont pas sur la même longueur d'onde. Si les Italiens et les Néo-Zélandais sont globalement d'accord (les Kiwis ne voulant cependant pas boycotter de course), les Suédois tiennent un tout autre discours. Entièrement consacrés à terminer leur deuxième AC72, dont la mise à l'eau n'aura sans doute pas lieu avant la fin juillet, les responsables d'Artemis sont très remontés contre les deux autres challengers. L'Américain Paul Cayard, directeur exécutif d'Artemis, soutient Murray et affirme que son homologue néo-zélandais Grant Dalton avait donné son accord aux 37 nouvelles mesures de sécurité lors d'une réunion le 22 mai. Selon Cayard (et Murray), Dalton aurait même déclaré que son équipe "ne ferait pas de difficultés" à ce sujet. Cayard ajoute que leur nouveau catamaran a intégré ces nouvelles mesures (dont les nouveaux plans porteurs) et que si le jury donne raison aux Italiens et aux Néo-Zélandais, la participation (tardive) d'Artemis est sérieusement compromise car il leur faudra tout recommencer. heg/chc

(AFP)

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