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footCoupe des Confédérations - Balotelli-El Shaarawy: la nouvelle Italie (MAGAZINE)

Par Emmanuel BARRANGUET ROME, 09 juin 2013 (AFP) - L'attaque de l'Italie à la Coupe des Confédérations (15-30 juin), et peut-être pour les huit prochaines années, est formée par Mario Balotelli (22 ans) et Stephan El Shaarawy (20 ans), deux jeunes aux origines africaines, idoles du public et symboles des changements de leur pays.

Ils sont aussi les visages de la campagne contre le racisme menée par la Fédération italienne de football (FIGC), "Dans le football, la seule couleur qui compte c'est celle du maillot", abondamment illustrée de photos des deux "nouveaux Italiens". Mais c'est bien sur le terrain que les deux jeunes joueurs ont gagné leur place. Curieusement, en 2012-2013 ils se sont passé le relais pour porter l'AC Milan à bout de bras - de pieds, exactement - chacun pendant une demi-saison. Le "Pharaon" a d'abord régné cinq mois. El Shaarawy, né à Savone, près de Gênes d'un père égyptien et d'une mère italienne, a marqué 14 de ses 16 buts en Serie A avant janvier, et assuré avec beaucoup de discipline la première couverture, se repliant quelque fois jusque dans sa surface. Cette débauche d'efforts lui a coûté une deuxième moitié de saison nettement plus en retrait, mais la qualité est là, et Milan, son entraîneur Massimiliano Allegri en tête, prend sa défense. "Il a seulement 20 ans et s'est retrouvé catapulté dans un monde plus grand que lui après avoir tant marqué", explique-t-il. El Shaarawy doit maintenant apprendre à gérer une saison entière. Arrivé au Milan en janvier, Balotelli a marqué 12 buts en 13 matches et largement contribué à la qualification pour les barrages de la Ligue des champions. L'arrivée de "Balo" a rejeté à gauche et légèrement dans l'ombre El Shaarawy, mais il est difficile de démêler la part de la baisse de forme du Pharaon et celle de l'aura de "Super Mario" dans ce passage de témoin d'homme de la saison "rossonero". Balotelli s'est aussi distingué en accomplissant également sa part de travail défensif, dont l'absence lui était autrefois reprochée. Attention toutefois à ses nerfs: "Super Mario" a encore été exclu vendredi contre la République tchèque pour un mauvais geste. S'il connaît encore quelques écarts de comportement, le buteur d'origine ghanéenne, né Barwuah à Palerme et confié par ses parents à la famille Balotelli, s'est littéralement métamorphosé en une saison. De "Balotelli meurs" à "Balotelli marque" De plus en plus souvent homme du match avec la Nazionale, à l'image de son but magnifique en amical contre le Brésil (2-2) ou de son match total contre le Danemark (3-1) en septembre (un but, une passe décisive, cent replis défensifs), Balo est en train de devenir l'idole, lui qui fut honni en Angleterre, à Manchester City, et qui reste la cible de "bouh" racistes dans les stades italiens, mais en club seulement. Quand il était le buteur irascible de l'Inter à 18 ans, les tifosi entonnaient le chant: "Si vous sautez Balotelli meurt" (Se saltelli muore Balotelli). Le 31 mai à Bologne, en amical contre Saint-Marin (4-0), les tribunes ont chanté sur le même air: "Si vous sautez Balotelli marque" (Se saltelli segna Balotelli). Il est toujours dans la tempête médiatique. La presse italienne s'était affolée un jour qu'il s'était garé en double-file à l'aéroport de Milan... Mais Balotelli a gagné en maturité. "Le football te permet de décharger tes frustrations sur le terrain et pas en-dehors", explique Prandelli, qui note que "les gens aiment Mario". Ils aiment aussi El Shaarawy et sa spectaculaire crête de Pharaon punk, également régulièrement bien classé à l'applaudimètre. Avec ses deux attaquants puissants et premiers défenseurs "comme en réclame le foot moderne", répète Prandelli, l'Italie change peu à peu de visage. eba/bpa

(AFP)

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