Ski alpin - Coupe du monde: Zermatt frappe fort
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Ski alpinCoupe du monde: Zermatt frappe fort

La station haut-valaisanne souhaite intégrer le calendrier du cirque blanc en 2023. Elle pourrait accueillir la première descente internationale, avec départ en Suisse et arrivée en Italie.

par
Claude-Alain Zufferey
Zermatt, le ski et le Cervin… Une longue histoire d’amour.

Zermatt, le ski et le Cervin… Une longue histoire d’amour.

AFP

L’emblématique station de Zermatt est en passe de réussir son pari: se faire une place dans le calendrier de la Coupe du monde de ski alpin. Cette arrivée, qui pourrait être effective dès 2023, se ferait par la grande porte en accueillant directement des épreuves de vitesse.

L’idée d’organiser des compétitions au pied du Cervin n’est pas nouvelle. La construction d’un nouveau téléphérique entre Testa Grigia et le Petit Cervin a grandement fait avancer le projet, mené en collaboration avec la station voisine de Cervinia (Italie).

Ces épreuves seraient uniques à double titre. Elles seraient les premières de l’histoire du cirque blanc à avoir lieu sur territoire international. Le départ de la descente masculine se situera à Gobba di Rollin (3899 m d’altitude), en Suisse, et l’arrivée à Laghi Cime Bianche (2814 m d’altitude), en Italie. Autre particularité: elle sera la plus haute du monde, sur le domaine skiable du glacier du Théodule.

Des courses en début de saison

C’est d’ailleurs pour cela que les promoteurs du projet «The Matterhorn World Cup» ont approché la Fédération internationale de ski afin de leur proposer des courses hommes et dames de début de saison. Elles pourraient se disputer sur deux week-ends, fin octobre et début novembre. Aucune course de Coupe du monde n’occupe actuellement cette plage du calendrier entre l’ouverture à Sölden et la mi-novembre. Il n’y aurait donc pas de collusion de dates.

«Ces courses raccourciraient l’attente entre l’ouverture de la Coupe du monde à Sölden et les premières compétitions de vitesse»

Urs Lehmann, président de Swiss-Ski

«Ces courses au pied du Cervin apporteraient de nombreux avantages au ski de compétition. Cela raccourcirait l’attente entre l’ouverture de la Coupe du monde à Sölden et les premières compétitions de vitesse, tout en offrant à tous les spécialistes de vitesse d’excellentes conditions d’entraînement au cœur des Alpes, avant les premières épreuves», explique Urs Lehmann, président de Swiss-Ski.

Franz Julen, président du conseil d’administration de Zermatt Bergbahnen AG, met quant à lui l’accent sur la garantie d’enneigement dans la région: «De plus, les infrastructures nécessaires sont déjà largement présentes, ce qui rend l’événement tout à fait pertinent en termes de durabilité.»

Au calendrier à l’essai dès 2022

Des inspections des lieux ont déjà été réalisées par Bernhard Russi et les deux directeurs de course de la FIS. Ils étaient accompagnés du champion olympique de descente 2010 Didier Défago, qui a dessiné la piste.

Des courses tests pourraient être organisées en 2022 et, dans le meilleur des cas, des courses de Coupe du monde pourraient s’y dérouler pour la première fois en 2023.

Les stations voisines applaudissent

La station voisine de Crans-Montana est de retour sur le cirque blanc depuis 2008. Elle a dû gravir les échelons un à un avant de redevenir une classique du calendrier féminin. Alors comment Marius Robyr, président du comité d’organisation des courses de ski internationales du Haut-Plateau, analyse-t-il cette arrivée en force de Zermatt/Cervinia? «Je ne vois pas ces courses supplémentaires comme de la concurrence. C’est bon pour le ski et le Valais d’avoir une date en début de saison.»

Le monsieur ski de Crans-Montana pointe tout de même du doigt un problème: «Wengen et Aldelboden, chez les messieurs, Crans-Montana et St. Moritz, pour les dames, représentent la Suisse. Il faut que Zermatt soit une course supplémentaire et pas que la Fédération internationale enlève une date à notre pays.» Marius Robyr ne se sent pourtant pas en danger, puisque sa station est candidate à l’organisation des Championnats du monde, avec l’espoir de les décrocher pour 2027. Dans ce cas, la FIS devrait renforcer sa collaboration avec le Haut-Plateau et non pas le rayer de son planning.

Le val d’Anniviers joue placé

Grimentz/Zinal vient d’organiser les championnats de Suisse 2021 et souhaite se profiler sur le cirque blanc, comme destination de remplacement pour des stations qui n’auraient pas assez de neige. «Deux pays, et un panorama exceptionnel… Il ne faut pas être spécialiste en marketing pour constater que ce projet a du sens. Montrer du ski à la télévision en octobre, ça a plus d’impact que de la faire en mars. C’est bon pour le développement du ski, donc du Valais», commente Benoît Epiney, responsable des courses de ski pour Grimentz/Zinal.

Et dans ce contexte, le val d’Anniviers se verrait bien récupérer des épreuves techniques en parallèle de Zermatt/Cervinia, puisqu’il accueille déjà les athlètes pour les entraînements du début de saison.

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