Publié

rugbyCoupes d'Europe - Gallois et Ecossais cherchent la riposte (PAPIER D'ANGLE)

Par Jérémy MAROT Paris, 20 mai 2014 (AFP) - En raison de ressources structurellement limitées, le rugby de clubs gallois et écossais doit s'organiser pour combler le fossé avec ses homologues français et anglais, assis sur un réservoir humain et économique considérable.

Les résultats sont cruels: jamais depuis la création de la Coupe d'Europe en 1995-1996 un club gallois ou écossais n'a remporté la compétition. Et lors des cinq dernières éditions, seules trois d'entre eux (les Ospreys en 2010, Cardiff et Edimbourg en 2012) ont passé le cap des poules dans un tournoi où Français, Anglais et Irlandais ont pris l'habitude de briller. "Je vois la faiblesse des clubs en Ecosse: il n'y a plus que deux clubs (Edimbourg et Glasgow, ndlr), ça ne fait plus beaucoup pour la formation des joueurs professionnels", s'inquiète ainsi le président de l'IRB (organe suprême du jeu) Bernard Lapasset, interrogé par l'AFP. Il faut dire que le pays du Chardon ne vit pas avec les mêmes armes que ses concurrents: en 2012-2013, la Fédération (SRU) a dépensé 20,8 millions de livres (25,5 M EUR) au total entre ses deux clubs professionnels et ses équipes nationales. En France, cela équivaut au budget du seul Stade Français. Et avec moins de 40 millions de livres de budget (49 M EUR), la SRU est moins dotée que la Ligue française (72 M EUR) qui ne gère que les deux divisions professionnelles ! "Si l'argent était le seul facteur pour expliquer les résultats, alors pourquoi le XV de France a terminé dernier du Tournoi des six nations 2013 ?" quand l'Ecosse finissait 3e, rétorque auprès de l'AFP Scott Johnson, ancien sélectionneur du XV du Chardon désormais directeur du rugby à la SRU. En Ligue celtique, les Glasgow Warriors ont aussi carburé en se hissant cette année en finale face au Leinster le 31 mai prochain, après avoir écarté les Irlandais de l'Ulster en demi (16-15). Mais face aux Anglais ou aux Français, les bons résultats sont rares. Et avec 40.000 licenciés environ -dix fois moins qu'en France- sur 5,3 millions d'habitants, le réservoir humain et le bassin de développement économique est limité. Certes, un nouveau contrat de sponsoring maillot a été signé cette année avec l'opérateur de télévision BT pour les Warriors et Edimbourg. Certes, la Ligue celtique a renégocié à la hausse ses droits de diffusion avec Sky. Mais Anglais et Français ont eux aussi appuyé sur l'accélérateur. Le Top 14 a ainsi doublé le montant de son contrat avec Canal (désormais 71 millions d'euros par saison). Au pays de Galles - 80.000 licenciés environ - on cherche aussi à combler le fossé en voyant s'intensifier l'exode des meilleurs joueurs de la Principauté, à l'image des départs de l'arrière Leigh Halfpenny (Toulon) ou du centre Jonathan Davies (Clermont). Les provinces galloises sont engagées depuis plusieurs mois dans un bras de fer avec leur Fédération (WRU) pour obtenir davantage de subsides, afin de conserver leurs vedettes. Selon la dernière convention, la WRU a versé 33 millions de livres (40 M EUR) en cinq ans aux quatre provinces. Les clubs ont aussi signé lundi un contrat de trois ans avec BT pour inscrire le nom de l'opérateur sur les maillots. Et le légendaire stade de l'Arms Park, antre des Cardiff Blues, sera renommé BT Sport Cardiff Arms Park. Cela permettra-t-il aux Gallois de suivre le rythme ? Pas sûr. Mais ce n'est pas non plus le but des Anglais et Français de voir leurs partenaires et rivaux historiques sombrer, sous peine de tuer la poule aux oeufs d'or. "Ce n'est l'intérêt de personne de dépouiller les équipes européennes, souligne le président de la LNR Paul Goze. Il faut qu'il y ait une adversité importante dans les compétitions. Tout cela va se réguler. On est tous lié." jmt/sva/ol/bm

(AFP)

Ton opinion