Actualisé 09.12.2016 à 17:56

NyonCouple condamné pour avoir maltraité son bébé

Le père, coupable de lésions corporelles graves, écope de 36 mois de prison. Sa culpabilité est jugée «lourde».

Tribunal correctionnel de l'arrondissement de La Côte.

Tribunal correctionnel de l'arrondissement de La Côte.

Le tribunal correctionnel de Nyon a condamné vendredi deux jeunes de 24 ans à 36 mois de prison, dont 18 ferme, pour l'homme, et 9 mois avec sursis pour la femme. En novembre 2014, ils avaient sévèrement maltraité leur bébé durant un mois.

L'homme, principal condamné, a été reconnu coupable de lésions corporelles graves et devra purger la moitié de sa peine, l'autre moitié étant assortie du sursis. Son amie bénéficiera d'un sursis complet.

Ce verdict est très éloigné de ce qu'avait demandé le Ministère public, soit deux ans et demi ferme contre la femme et trois ans et demi contre l'homme. La procureure a indiqué vendredi qu'elle ne s'était pas encore déterminée sur un éventuel recours.

Culpabilité «très lourde»

Selon les juges, la culpabilité du jeune homme, qui n'est pas le père de l'enfant, est «très lourde». Ayant fait preuve d'une «extrême violence» et d'une «absence d'empathie préoccupante», il peine selon le tribunal «à reconnaître la gravité de ses actes».

La mère a quant à elle exprimé des regrets qui «paraissent sincères». Le couple a été condamné à verser une indemnité de 30'000 francs à l'enfant en réparation du tort moral qu'il lui a causé.

Déni de grossesse

A décharge, les juges ont retenu une légère diminution de responsabilité pénale ainsi qu'un «déni de grossesse» de la mère, auquel son ami s'est associé. Tous deux n'ont pu se préparer à être parents et n'ont pas su faire face à leurs responsabilités.

Durant un mois, jusqu'à ce que la garde leur soit retirée, les deux condamnés ont sévèrement maltraité la petite fille. L'homme l'a notamment violemment secouée pour qu'elle cesse de pleurer.

Il lui a également donné un coup de poing dans les côtes, et l'a lâchée à plusieurs reprises d'une hauteur de 60 centimètres sur un lit, lui brisant ainsi les côtes. La mère s'est livrée à d'autres actes de maltraitance, moins graves.

Séquelles importantes

Emmené au CHUV en urgence pour y être réanimée, la fillette a souffert du syndrome du bébé secoué. Placée en foyer, elle souffre d'un retard du langage et d'un problème d'asymétrie des membres.

La mère se rend actuellement chaque semaine au foyer et semble selon les juges être parvenue à recréer un lien avec sa fille «malgré ses carences».

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!