Football: Coups francs: où sont passés les maîtres tireurs?
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FootballCoups francs: où sont passés les maîtres tireurs?

L’équipe de Suisse a au cours de son histoire pu compter sur des artificiers notoires. Reste qu’aujourd’hui, elle se cherche toujours un botteur en chef.

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Sport-Center
Xherdan Shaqiri arme une frappe parfaitement équilibrée à l'entraînement avec l'équipe de Suisse. Dès que ça compte, ses coups d'éclats sont toutefois plus rares.

Xherdan Shaqiri arme une frappe parfaitement équilibrée à l'entraînement avec l'équipe de Suisse. Dès que ça compte, ses coups d'éclats sont toutefois plus rares.

Keystone

C’est le genre d’atout précieux dans une équipe. Le match est bloqué, les attaquants ne trouvent pas la solution, jusqu’à ce que la défense adverse commette une faute à l’entrée de la surface. Et voilà le maître tireur qui s’avance: avec lui, c’est au fond.

Si tout le monde se souvient du coup de patte de Georges Bregy face aux Etats-Unis lors du match d’ouverture de la Coupe du monde 1994, ou encore de la frappe de plomb de Thomas Bickel, aucun tireur ne sort naturellement du lot dans la troupe de Vladimir Petkovic en 2020. A tel point que ce sont des défenseurs qui sont aujourd’hui parmi les plus en vue au moment de prendre leur chance (voir ci-dessous).

L’équipe de Suisse se cherche donc un homme de la situation, plein de sang-froid et d’adresse. A y regarder de plus près, depuis Hakan Yakin, aucun joueur ne s’est véritablement imposé au rang d’artificier en chef. Revue d’effectif des potentiels papables.

Ricardo Rodriguez

Sa spécialité: les penalties. Le latéral gauche du PSV Eindhoven est le tireur attitré à chaque fois qu’il s’agit de transformer un essai dans la surface de réparation. A raison: son pied gauche fait souvent mouche.

Reste qu’il peine à exporter cette qualité au-delà des seize mètres. A sa décharge, si un coup franc vient à se présenter sur le flanc droit, c’est souvent Xherdan Shaqiri qui lui est préféré au moment d’enrouler le ballon du gauche.

Granit Xhaka

Sa qualité de passe, dont il alterne et maîtrise parfaitement les longueurs, en font un candidat évident. Comme le numéro 10 qu'il porte sur les épaules. Gaucher, l’homme sait traverser un ballon de tout son poids, en témoigne son but face à la Serbie lors de la Coupe du monde 2018 en Russie, pour lui conférer un maximum de puissance.

Mais au moment de contourner un mur, la précision lui fait souvent défaut. A vouloir trop en mettre, sans doute, ses tirs finissent souvent loin du cadre. Le potentiel est là, ne manque qu’un brin de sang-froid supplémentaire.

Xherdan Shaqiri

C’est une de ses spécialités en club - même si ça remonte un peu. Que ce soit avec Bâle, le Bayern Munich ou Stoke City, son pied gauche a régulièrement fait mouche. En sélection aussi où, assez logiquement avouons-le, il s’impose que le premier tireur pour enrouler le ballon dans la lucarne. Comme ici, face à l'Islande.

Reste qu'à mesure que son temps de jeu en club diminue, sa fiabilité est d'autant plus remise en question. Pour un bon tireur de coup franc, rien ne vaut l'exercice dans les conditions du réel.

Fabian Schär

Un défenseur central parmi les meilleurs buteurs en sélection actuellement: le paradoxe est de taille. Il ne s’arrête néanmoins pas là. Seul droitier du lot, il possède une frappe aussi puissante que précise, pas étonnant alors de le voir se profiler régulièrement lorsqu’un ballon arrêté est sifflé sur le côté gauche. Reste que sa qualité de jeu de tête devrait le placer stratégiquement à la réception du ballon, au cas où, plutôt qu’à la détonation.

Florian Müller

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Bonus historique

Après les latéraux et les gardiens de buts, voici une liste non exhaustive et tout à fait subjective des artificiers suisses les plus emblématiques.

Georges Bregy

A tout seigneur tout honneur: c'est évidemment Georges Bregy qui préside ce classement historique. Son coup franc face aux Etats-Unis (1-1), en ouverture de la Coupe du monde 1994, est la madeleine de Proust de toute une génération de passionnés.

Ce n'est toutefois de loin pas le seul chef d'oeuvre de l'homme à la moustache triomphante. Lors des qualifications pour la World Cup déjà, et une victoire importantissime face à l'Ecosse (3-1), le Haut-Valaisan avait marqué le destin de la Nati de son empreinte.

Karl Odermatt

Difficile de retrouver des images du début des années 70. Reste que la légende bâloise avait un sacré pétard au bout des orteils. Des coups francs, il en a inscrit, même si le but qu'on retient le plus volontiers c'est celui du match nul historique à Wembley (1-1) en 1971.

On en a toutefois retrouvé un joli, décoché avec le FC Bâle lors d'une victoire face au Celtic Glasgow en février 1972.

Thomas Bickel

Sa spécialité: les mines de loin. Comme face à l'Islande lors des qualifications pour l'Euro 1996 (1-0) au Stade de la Pontaise. Dans le temps additionnel de la première mi-temps, le Zurichois arme une frappe de mule qui trompe le gardien Kristinsson.

Ludovic Magnin

Ce n'est peut-être pas ce qu'on retient le plus volontiers de la carrière du Vaudois, mais il avait une très jolie patte gauche. A l'image de ce coup franc - légèrement dévié de la tête par Lilian Thuram - inscrit face à la France en 2006.

Hakan Yakin

Le dernier véritable furioclasse du football suisse. Un vrai numéro dix, capable d'illuminer une rencontre avec son pied gauche - douce et imprévisible cravache. Il n'a jamais vraiment été remplacé dans son rôle d’artilleur en chef. Ici, l'un de ses plus beaux maîtres tirs, face à Israël lors des qualifications pour la Coupe du monde 2010, histoire d'en mettre plein les yeux à Ottmar Hitzfeld, alors tout frais sélectionneur.

Alex Frei

Nous ne disserterons pas trop sur ce cas. En amical face à l'Ukraine, il était capable de trouver la lucarne.

Mais au moment où il fallait vraiment la mettre au fond, soit en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2006 face à cette même équipe, il trouvait le cadre.

Il aurait suffit d'inverser les deux coups francs pour que l'histoire, notre Histoire, soit toute autre. A quoi ça tient...

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