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tismeCourses sur route: le Charity running de plus en plus souvent au départ (PAPIER D'ANGLE)

Le Charity running, très répandu dans les pays anglo-saxons, gagne du terrain en France, à l'image des prochains marathon et semi-marathon de Paris, où la formule alliant générosité et pratique sportive rencontre un succès grandissant.

Bientôt, il ne sera plus temps de s'inscrire. Dans les prochaines semaines, le semi-marathon de Paris (2 mars 2014) clôturera ses inscriptions, faute de places. Pour les retardataires qui voudraient malgré tout courir, il restera une possibilité: acheter un dossard en contrepartie du soutien à une association caritative au choix, avec pour seule obligation de collecter auprès de ses proches et supporteurs un minimum de 400 euros de dons. C'est cela le "Charity running", une nouvelle forme d'engagement sportif qui a vu le jour en Amérique du Nord et dans les pays anglo-saxons et qui s'étend progressivement à l'Europe de l'Ouest et centrale. "Cette année, sur le semi et le marathon de Paris, nous espérons viser en cumulé 3.600 coureurs et une récolte de fonds de l'ordre de 2 millions d'euros", explique Guillaume Desnoës, co-fondateur d'Alvarum, la structure qui gère la démarche pour le compte des organisateurs du semi-marathon de Paris. "L'idée est de donner une autre dimension à son défi sportif, de se battre contre autre chose que le chronomètre, mais les motivations peuvent être multiples", explique-t-il. Économique, par exemple, puisque l'inscription -possible avant même la clôture des inscriptions traditionnelles- est fixée à 35 euros, alors que les tarifs classiques s'étalent de 40 à 55 euros. Ceux qui n'auront pas réussi à collecter autour d'eux les 400 euros minimum (600 euros pour le marathon de Paris), malgré l'accompagnement des équipes d'Alvarum, ne pourront obtenir de dossard, mais les dons déjà versés seront évidemment tout de même donnés à l'association choisie. Le concept est déjà monnaie courante, à Londres notamment, où pour être sûr de participer au marathon, les coureurs n'ont finalement guère le choix. Soit ils passent par le Charity running, avec la certitude d'avoir un dossard, soit ils s'inscrivent de manière classique, mais tombent dans un pot commun dans lequel sont tirés au sort les participants... Cette année, le marathon de Londres a ainsi permis de récolter 50 millions de livres sterling (60 millions d'euros) pour les associations, avec 18.000 dossards réservés au Charity running sur les 40.000 au total. "Je ne pense pas que nous en arriverons un jour à ce stade en France", estime Joël Lainé, directeur du semi et du marathon de Paris. "A Londres et New York, nous sommes dans des pays où la protection sociale est tout à fait déficiente et les aides des pouvoirs publics ne sont pas du tout du même niveau que chez nous, d'où l'habitude de l'aide apportée aux associations. C'est aussi la raison du grand succès du Charity running dans ces pays, c'est beaucoup plus culturel", avance-t-il. Le responsable a néanmoins choisi de réserver au Charity running 2.000 dossards sur les 40.000 du semi, et 2.000 également sur les 50.000 du marathon. "Il fallait répondre à une demande, des coureurs comme des associations. Nous n'avons pas les outils pour regrouper les dons", explique le directeur. C'est donc Alvarum qui s'en charge, avec des inscriptions en ligne (fr.alvarum.com) moyennant des frais de l'ordre de 5% des dons. La structure propose par ailleurs un accompagnement possible pour les associations, afin qu'elles puissent gérer cette nouvelle source de revenus. Et le coureurs devenus collecteurs bénéficient des conseils d'entraînement de Larbi Zeroual, ancien recordman de France du semi-marathon (1h00:58.) Le Charity running possède aussi, depuis 2010, ses propres courses sur route, avec le concept de course des héros, décliné dans plusieurs villes de France et d'Europe, et qui a permis la récolte de 15 millions d'euros. fbr/ol/jcp

(AFP)

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