Suisse – Covid-19: cantons et hôpitaux pourront faire appel à l’armée
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SuisseCovid-19: cantons et hôpitaux pourront faire appel à l’armée

Le Conseil fédéral a décidé d’autoriser le déploiement de 2500 militaires pour soutenir les hôpitaux dans les soins et le transport de patients et les cantons pour la vaccination.

par
Christine Talos
Les soldats pourront être déployés pour les soins, la logistique et la vaccination.

Les soldats pourront être déployés pour les soins, la logistique et la vaccination.

20min/Simon Glauser

Plusieurs petits cantons en avaient fait la demande, à l’image du Jura ou du Valais. L’armée pourra une 3e fois venir en renfort sur le front du Covid. En effet, le Conseil fédéral a décidé, comme il l’avait déjà fait au printemps et à l’automne 2020, de soutenir le système de santé via l’appui de militaires. Jusqu’à 2500 d’entre eux pourront être appelés jusqu’à fin mars, a-t-il annoncé mardi. Ils seront déployés à la demande des cantons, si les moyens civils sont insuffisants. «Devant le nombre élevé de contaminations et la situation dans les hôpitaux, le Conseil fédéral n’exclut pas que les cantons atteignent les limites de leurs capacités», explique-t-il dans son communiqué.

Les soldats pourront être déployés pour les soins, la logistique et la vaccination. Ils viendront ainsi en appui des hôpitaux pour les soins de base et les traitements. Ils pourront être présents également pour aider à la vaccination, sous la responsabilité médicale cantonale et sous conduite civile. Ils seront aussi à disposition pour apporter leur aide dans le transport de patients contaminés, en fournissant des véhicules adaptés avec conducteurs. Enfin, ils pourront être appelés dans les unités de soins intensifs des hôpitaux pour renforcer le personnel notamment pour le transfert de patients.

Comme il dure plus de trois semaines, ce service d’appui doit encore être adopté par l’Assemblée fédérale, précise le Conseil fédéral qui adressera un message en ce sens au Parlement.

Conditions à remplir

Pour obtenir l’appui de l’armée, les cantons devront toutefois démontrer qu’ils ont déjà déployé tous les moyens et les instruments civils à leur disposition, notamment qu’ils ont fait appel à la Protection civile, au service civil, aux pompiers et au secteur privé. Ils devront en outre prouver qu’aucun personnel supplémentaire ne peut être recruté sur le marché du travail et qu’ils ont épuisé toutes les possibilités de recourir aux chômeurs, étudiants en médecine, samaritains et autres volontaires disponibles.

Ils devront également démontrer que la prise en charge de patients ne peut être assurée par d’autres établissements de santé publique et que les interventions médicales non urgentes ont été reportées pour libérer des capacités hospitalières.

Appel aux formations en cours de répétition

Les prestations d’appui de l’armée sont fournies en premier lieu par des formations en cours de répétition, par des volontaires disposant d’une formation sanitaire et par des troupes sanitaires en service long, précise encore le Conseil fédéral.

Si les besoins excèdent les effectifs de spécialistes sanitaires disponibles, il est possible de convoquer des formations à disponibilité élevée, à l’exception de toute personne travaillant pour le système de santé civil et y étant déjà engagée, explique le gouvernement. Les jours d’engagement imputés aux militaires correspondent à la durée d’un cours de répétition ordinaire, soit 19 jours, note le Conseil fédéral.

Pour rappel, lors des engagements effectués au printemps et à l’automne 2020, l’imputation avait atteint deux cours de répétition au maximum.

Le Valais va pouvoir créer un centre de vaccination de plus

L’Etat du Valais, qui avait sollicité l'appui de l'armée, salue la décision du Conseil fédéral. «L’engagement de militaires en soutien des institutions civiles devrait permettre au Canton de créer un centre de vaccination supplémentaire», fait-il savoir dans un communiqué mardi. Cela lui permettra d’accélérer le rythme des primo-vaccinations et des doses «booster» de rappel, en particulier pour les plus de 65 ans, ajoute-t-il encore.

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