Commentaire: Covid-19: les cantons ne vont pas reprendre la main
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CommentaireCovid-19: les cantons ne vont pas reprendre la main

Les deux Chambres ont voté pour un retour à des exceptions cantonales. Mais le Conseil fédéral n’est pas prêt à refaire les mêmes erreurs que l’année dernière.

par
Eric Felley
La lutte contre la pandémie demeure à l’état actuel dirigée par le Conseil fédéral.

La lutte contre la pandémie demeure à l’état actuel dirigée par le Conseil fédéral.

lematin.ch/felley

Après le Conseil des États, le National a adopté lundi une disposition dans la loi Covid-19, qui permet aux cantons d’obtenir des allègements de mesures en cas de situation épidémiologique favorable. On a la (désagréable) impression de revenir à l’automne dernier, où les cantons ont justement adopté des mesures spécifiques, qui ont créé finalement des interférences dans le pays.

En octobre dernier, alors que les cantons romands étaient frappés de plein fouet par la deuxième vague, les Alémaniques conservaient des dispositions très libérales. Puis l’épidémie a changé de direction, elle a touché les cantons outre-Sarine, tandis que les Romands rouvraient leurs restaurants, qu’ils ont bien vite dû refermer. La Confédération a fini par reprendre la main le 9 décembre. Tout le monde a trouvé cette décision fondée. Alors pourquoi revenir à ce qui a été commenté comme un grand moment de «cacophonie» fédérale?

Répondant lundi à une question de Jean-Luc Addor (UDC/VS), qui parle de «restaurer la liberté des cantons pour gérer la crise», le Conseil fédéral a donné sa position. Il en ressort que les cantons «peuvent prendre des mesures plus restrictives lorsque la situation épidémiologique l’impose» et qu’ils gardent la main sur les domaines skiables. Le Conseil fédéral estime ensuite que les cantons peuvent autoriser «certains allègements dans des cas particuliers».

Mais, car il y a un grand mais. le Conseil fédéral se veut strict: «Dans l’intérêt de la lutte contre les épidémies, il n’est pas opportun que les cantons puissent introduire des allégements généraux vis-à-vis des mesures fédérales de base. Cela engendrerait des effets indésirables comme du tourisme d’achat ou du tourisme de restauration ou encore une mobilité indésirable.» Il n’est plus question donc d’ouvrir les restaurants ou les magasins à Genève et de les fermer sur Vaud.

Dans le texte adopté lundi par les Chambres, il est écrit: «Le Conseil fédéral accorde des allègements aux cantons qui affichent une situation épidémiologique stable ou en amélioration». Il faut bien retenir que c’est le Conseil fédéral qui les accorde et non pas les cantons qui se les accordent à eux-mêmes. Leur marge de manœuvre sera donc bien moins grande que l’année dernière.

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