Commentaire: Covid-19: vite le remède contre le ras-le-bol
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CommentaireCovid-19: vite le remède contre le ras-le-bol

À force de vouloir ménager la chèvre et le chou, notre système politique nous a conduits dans l’impasse.

par
Eric Felley
À l’approche de Fêtes de fin d’année en Suisse, la pression pèse de plus en plus sur la population.

À l’approche de Fêtes de fin d’année en Suisse, la pression pèse de plus en plus sur la population.

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5625 nouveaux cas en 24 heures, c’est 600 de plus que les 5000 cas journaliers de la semaine dernière. 89 décès annoncés. Les nouvelles du jour sont désespérantes. Depuis le début novembre, soit depuis 47 jours, la Suisse a une moyenne d’environ 80 décès quotidiens liés au coronavirus, soit près de 4000 personnes touchées. La persistance de l’épidémie à ce niveau ne peut évidemment pas durer. Rappelons que du côté de la Confédération, on espérait arriver à Noël avec quelques centaines de cas par jour.

La gestion de l’épidémie à l’approche des Fêtes a été pour le moins chaotique. Beaucoup d’acteurs économiques sont partis de l’idée que la deuxième vague allait être vite derrière nous. Les stations de ski ont annoncé la couleur, les cantons romands ont fermé leurs établissements publics pour mieux les rouvrir, les cantons alémaniques n’ont pas vu venir la vague et ce sont eux qui demandent maintenant qu’on ferme tout. Les tentatives de sauvetage de Noël n’ont servi à rien. Le virus a déjoué nos plans, mais rappelons-nous qu’il ne se déplace pas tout seul.

Après les hôpitaux universitaires, la task force Covid-19, ce mercredi c’est au tour de la cheffe de la santé du canton de Zurich, Natalie Rickli (UDC), de demander au Conseil fédéral de prendre des mesures de fermeture des lieux publics. «Nous n’avons plus le temps», déclare-t-elle, constatant la saturation proche du système de santé zurichois. Notons qu’elle lance cet appel alors que son parti s’est toujours montré le plus réticent face aux mesures.

Nous n’avons plus le temps, mais il faudra attendre encore jusqu’à vendredi pour connaître la situation durant les Fêtes. Cette stratégie de communication est-elle encore adaptée à la situation? On peut en douter vu qu’elle ne fait qu’augmenter le ras-le-bol dans la population et laisser des jours supplémentaires au virus pour se répandre. Dans un cas comme celui-ci, le Conseil fédéral pourrait se réunir plus tôt et signifier la fin de la récréation.

Il aurait pu le faire vendredi passé, mais il fallait laisser encore un peu de marge aux cantons romands qui avaient rouvert leurs établissements publics. Maintenant, ils devront probablement les refermer rapidement. À force de vouloir ménager la chèvre et le chou, notre système politique nous a conduits dans l’impasse. Puissions-nous retrouver une cohésion dans l’action pour jeter un sort à cette deuxième vague qui n’en finit plus.

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