06.06.2013 à 19:23

Procès en RussieCraignant des poursuites, Kasparov reste à l'étranger

La justice russe a prolongé la détention de dix opposants, au premier jour de leur procès pour des heurts pendant une manifestation contre Poutine. L'ex-champion d'échecs qui redoute des poursuites reste à l'étranger.

L'opposant et ancien champion d'échecs Garry Kasparov, qui recevait mardi un prix des droits de l'homme à Genève, a annoncé qu'il ne rentrerait pas en Russie, de crainte d'être lui aussi poursuivi pour sa participation à la manifestation du 6 mai 2012.

L'opposant et ancien champion d'échecs Garry Kasparov, qui recevait mardi un prix des droits de l'homme à Genève, a annoncé qu'il ne rentrerait pas en Russie, de crainte d'être lui aussi poursuivi pour sa participation à la manifestation du 6 mai 2012.

L'ex-champion d'échecs Garry Kasparov, qui redoute des poursuites pour sa participation à cette manifestation, a décidé de rester à l'étranger.

Le tribunal de Moscou chargé de l'affaire a suivi le réquisitoire du Parquet et prolongé de six mois la détention provisoire de dix prévenus, déjà en prison depuis des mois, ainsi que l'assignation à domicile d'une onzième personne, a indiqué une porte-parole de la juridiction.

Le douzième accusé, une femme, s'est vu infliger une interdiction de quitter le territoire russe pendant six mois. Egalement assignée à résidence, elle est inculpée d'«incitation à des troubles massifs» et risque jusqu'à deux ans de détention.

Une trentaine de personnes au total sont impliquées dans l'«affaire Bolotnaïa», du nom de la place du centre de la capitale russe où avait dégénéré la manifestation du 6 mai 2012 contre l'investiture le lendemain de Vladimir Poutine pour un troisième mandat de président.

Des dizaines de militants d'opposition ont manifesté jeudi devant le tribunal, brandissant des pancartes avec les photos des prisonniers et réclamant leur remise en liberté.

La plupart des inculpés apolitiques...

La plupart des inculpés n'appartiennent à aucun mouvement politique, tel Iaroslav Belooussov, 21 ans, étudiant en sciences politiques à la prestigieuse université d'Etat de Moscou.

Il est poursuivi, de même que sept autres personnes, pour avoir participé à des troubles massifs, un délit passible de huit ans de prison, ainsi que de violences envers les forces de l'ordre (cinq ans maximum). Parmi ces huit prévenus, sept sont en détention provisoire et le huitième assigné à résidence.

Certains sont jugés pour avoir jeté des bouteilles en plastique sur des policiers, d'autres pour avoir renversé des cabines de toilettes publiques ou résisté aux forces de l'ordre.

Le Parquet affirme que 82 policiers ont été blessés au cours des affrontements dont la cause reste controversée, l'opposition accusant les forces de l'ordre de les avoir provoqués pour tenter de justifier un tour de vis contre toute velléité de contestation. Des dizaines de manifestants avaient également été blessés.

...mais des dirigeants de l'opposition sont visés

«Les autorités veulent en finir avec les manifestations, et intimider non seulement les organisateurs, mais aussi les participants lambda», a déclaré l'ex-dissident Alexandre Podrabinek.

Deux opposants ont déjà été condamnés dans l'affaire du 6 mai à quatre ans et demi et deux ans et demi de camp de travail. Tous deux avaient reconnu leur culpabilité. Les deux principaux dirigeants de l'opposition sont eux aussi sous le coup de mesures judiciaires.

Le chef du Front de gauche russe, Sergueï Oudaltsov, est assigné à résidence et poursuivi pour «organisation de troubles massifs», et le libéral Alexeï Navalny est actuellement jugé dans le cadre d'une autre affaire pour des malversations qu'il nie.

L'opposant et ancien champion d'échecs Garry Kasparov, qui recevait mardi un prix des droits de l'homme à Genève, a quant à lui annoncé qu'il ne rentrerait pas en Russie, de crainte d'être lui aussi poursuivi pour sa participation à la manifestation du 6 mai 2012.

(ats/afp)

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