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Drame aérienCrash de l'Airbus: les habitants racontent

Les habitants du Vernet, le village le plus proche de la scène du crash de l'A320 de Germanwings, expliquent ce qu'ils ont vu, entre colonne de fumée et débris éparpillés.

par
cht

Une colonne de fumée, de petits «morceaux blancs» à peine reconnaissables éparpillés sur une paroi abrupte: c'est ce que décrivaient les habitants du Vernet, le village le plus proche de la scène du crash de l'A320, où les familles des victimes doivent se retrouver mercredi.

«On ne voit rien »

«Le problème, c'est qu'on ne voit rien quand on est en face du crash. Il faut vraiment savoir que c'est un crash d'avion pour comprendre», raconte Jean-Louis Bietrix, 62 ans, guide de haute montagne. Avec d'autres habitants du Vernet, il a été parmi les premiers à se rendre sur le site mardi midi, pour y accompagner les gendarmes qui ne connaissaient pas les lieux.

Pour accéder au site, il faut rouler 20 minutes sur une route cabossée de 5 kilomètres de long jusqu'au col de Mariaud (1.561 mètres) avec «un 4X4 un peu costaud», «sinon, tu passes pas», raconte Richard Bertrand, 64 ans, moustache grise et lunettes fines. Ensuite, il faut encore marcher 30 à 40 minutes sur un terrain très accidenté. «C'est même pas un chemin, y a que les vaches qui passent», précise Richard, avec son accent rugueux. Tous les accès vers les lieux du crash étaient barrés mercredi, les gendarmes empêchant tous les véhicules de monter.

Colonne de fumée

Mardi, peu après 10H30, Jean-Marie Michel, adjoint au maire, âgé de 70 ans se souvient avoir vu «une belle colonne de fumée». «Mais j'ai rien entendu», dit-il. «Quand Richard m'a appelé, j'ai dit: +t'affole pas, ça doit être un feu de broussailles+. J'ai vraiment réalisé quand on a vu les hélicos tourner», raconte-t-il.

Accompagnant les gendarmes jusqu'au col, il a pu voir des débris «éparpillés sur un rayon de 500 mètres»: «y en a partout, des moteurs fumaient encore». L'avion «a tapé de plein fouet dans une paroi abrupte», raconte Jean-Marie. «Quand on voit la taille des débris de l'appareil, on imagine ce que ça doit être pour les humains».

En miettes

Jean-Louis Bietrix, qui s'est approché à la limite de la zone du crash décrit lui «de petits morceaux blancs qui ne ressemblent plus à rien». «Les deux morceaux les plus importants ne sont pas plus gros qu'une moitié de voiture», dit-il. L'avion «est vraiment en miettes. C'est triste à voir», raconte le guide, qui n'a rien vu des corps des 150 passagers. «Mais on y pense», confie-il. «C'est incroyable, c'est énorme un Airbus, quand tu arrives et que tu ne vois plus rien... c'est très choquant», ajoute-t-il.

La tâche des gendarmes chargés de l'enquête et du recueil des débris risque d'être ardue, le crash ayant eu lieu sur une zone où la roche est très friable, faisant craindre des risques de chutes de pierres. «C'est pratiquement un mur. Ils vont être obligés de s'encorder», estime Richard Bertrand.

«Vu la zone, vu les conditions, ça risque de durer», estime aussi Bernard Bartolini, maire de Prads-Haute-Bléone, petite commune de 195 habitants, sur le territoire de laquelle le crash a eu lieu.

M. Bartolini a fait mettre en berne les drapeaux de la mairie du village et a demandé des renforts administratifs pour rédiger les 150 certificats de décès de la catastrophe. «D'habitude, on en fait un ou deux par an», glisse-t-il.

(AFP)

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