Valais: Crash de Zinal: le pilote survolait les Alpes avec son fils
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ValaisCrash de Zinal: le pilote survolait les Alpes avec son fils

Un avion s'est abîmé au Col Durand au-dessus de la station vendredi. L'impact a tué ses quatre passagers. Le pilote d'origine vaudoise avait emmené son fils, une mère et son garçon. Il était chevronné.

par
Evelyne Emeri
L'épave et ses occupants gisaient à quelque 150 mètres en dessous du Col Durand (3451 m d'altitude).

L'épave et ses occupants gisaient à quelque 150 mètres en dessous du Col Durand (3451 m d'altitude).

Police cantonale valaisanne

Les conditions étaient idylliques vendredi pour survoler les Alpes au départ de Sion. Le voyage s'est dramatiquement achevé. L'engin et ses passagers ont percuté la montagne. A priori de plein fouet. Le choc a été d'une violence qui ne pouvait laisser aucun espoir de survie aux quatre victimes. A une vitesse de croisière d'environ 120 noeuds (env. 220 km/h), l'appareil s'est littéralement disloqué.

Les quatres personnes décédées, y compris le pilote, avaient pris place à bord de cet avion de type Robin appartenant au Groupe de Vol à Moteur de Sion.

Les quatres personnes décédées, y compris le pilote, avaient pris place à bord de cet avion de type Robin appartenant au Groupe de Vol à Moteur de Sion.

Dès l'impact vers 16h45, la balise de localisation d'urgence a émis tout de suite et alerté la centrale REGA de Zurich (ndlr. un nouveau processus d'urgence mis en place), qui a tenté de contacter le pilote dans un premier temps. Son silence a fait craindre le pire. Immédiatement prévenus, les secouristes d'Air Zermatt se sont rendus sur les lieux de l'accident. L'épave et ses occupants gisaient à quelque 150 mètres en dessous du Col Durand (3451 m d'altitude).

Deux jeunes et deux quinquas

L'identification formelle des dépouilles est finalisée. Quant à la carcasse de l'avion, elle sera rassemblée et récupérée par le Service suisse d'enquête de sécurité (SESE) afin de déterminer les circonstances exactes de cette tragédie, en collaboration avec la police cantonale. Parallèlement, le ministère public du canton du Valais a été saisi.

L'avion de plaisance avait décollé de l'aéroport à 15h37. Un vol privé piloté par un adepte chevronné, un Vaudois de 54 ans, domicilié dans le Valais central. Il comptabilisait de nombreuses heures au compteur et avait décidé de faire profiter trois proches: son fils de 21 ans, une Danoise de 59 ans et son garçon de 20 ans en villégiature en Suisse. Vraisemblablement pour un trajet estimé entre 1h et 1h30. Décollage de Sion direction Martigny, puis le Cervin et retour par le val d'Anniviers avant l'atterrissage dans la capitale. Le pilote était aux commandes du Robin DR 400 - 180, propriété du Groupe de Vol à Moteur (GVM) de Sion.

Une panne? Un survol à trop basse altitude?

«Ce vol n'a rien de dangereux, nous confirme Ricardo Reis, pilote instructeur et porte-parole du GVM. Si la météo est bonne et les compétences sont là, il n'y a pas de risque. Nos pilotes sont entraînés pour des vols sur les Alpes. Ils calculent tout avant de se lancer. La chaleur, la densité de l'air, etc. C'était un pilote expérimenté, membre de notre club. Il avait la tête sur les épaules. C'était quelqu'un de très calme.» Alors que pourquoi ce crash? «Les hypothèses sont multiples. J'en vois trois à ce stade: un malaise, une panne moteur ou un survol trop bas.»

evelyne.emeri@lematin.ch

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