12.05.2016 à 00:56

Panama PapersCrédit Agricole et BNP devront s'expliquer

Le ministre français des Finances demande des explications aux deux établissements épinglés par le quotidien Le Monde.

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Il y a un an éclatait le scandale des Panama Papers. Le point sur l'affaire. (Vendredi 31 mars 2017)

Il y a un an éclatait le scandale des Panama Papers. Le point sur l'affaire. (Vendredi 31 mars 2017)

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Le Panama est «prêt à commencer» en 2018 l'échange automatique d'informations pour contrer la fraude fiscale internationale, a annoncé vendredi sa vice-présidente Isabel de Saint Malo (ici). Il demande à être retiré de la liste française des paradis fiscaux. (Image d'archive)

Le Panama est «prêt à commencer» en 2018 l'échange automatique d'informations pour contrer la fraude fiscale internationale, a annoncé vendredi sa vice-présidente Isabel de Saint Malo (ici). Il demande à être retiré de la liste française des paradis fiscaux. (Image d'archive)

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Les actifs des banques basées au Panama ont dépassé en 2016 les 120 milliards de dollars, un montant record atteint en dépit du scandale des Panama Papers. (Jeudi 16 mars 2017)

Les actifs des banques basées au Panama ont dépassé en 2016 les 120 milliards de dollars, un montant record atteint en dépit du scandale des Panama Papers. (Jeudi 16 mars 2017)

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Les banques Crédit Agricole et BNP Paribas ont été mises en cause mercredi par le quotidien Le Monde dans le dossier des Panama Papers, et le ministre des Finances leur demande publiquement des explications.

Joint par l'AFP, le Crédit Agricole a affirmé avoir cessé de manière définitive tout montage de sociétés offshore depuis 2015.

Sollicité par L'AFP, BNP Paribas n'était de son côté pas disponible pour réagir dans l'immédiat.

«Suite aux informations de presse», le ministre des Finances Michel Sapin «a demandé des explications aux présidents des deux établissements bancaires cités», indique un communiqué de Bercy. «Ceux-ci lui ont fourni des premiers éléments» mais «le ministre les verra dans les tous prochains jours», ajoute le ministère.

«Pas tolérable»

«Il ne serait pas tolérable que des banques puissent permettre des opérations de fraude, d'évasion fiscale ou de blanchiment», a réagi Michel Sapin, cité dans le communiqué.

Selon Le Monde, le groupe Crédit Agricole aurait administré auprès du cabinet panaméen Mossack Fonseca près de 1130 sociétés offshore depuis les années 1990, pour le compte de ses clients, via ses filiales.

«La banque privée du Crédit Agricole ne crée ni n'administre de structures dites offshore pour ses clients. Cette activité a été progressivement arrêtée et a cessé de manière définitive en 2015», déclare la banque dans un communiqué.

Plus d'un mois après de premières révélations impliquant notamment la Société Générale, le quotidien pointe cette fois le Crédit Agricole Suisse ainsi que les filiales monégasque et luxembourgeoise de la banque verte.

Le Crédit agricole se défend

D'après le quotidien, ces établissements auraient aidé leurs clients à échapper aux autorités fiscales européennes en se servant de structures offshore leur permettant entre autres de dissimuler leur identité lors du transfert de parts de leurs sociétés.

La banque verte réaffirme qu'elle «a bien mis fin à ces activités sous quelque forme que ce soit, y compris au travers de prestataires externes».

La banque assure par ailleurs ne pas être présente au Panama, ni «dans aucun paradis fiscal». Elle affirme avoir «engagé son retrait des territoires non-coopératifs à partir de 2010».

Enquête du parquet financier

BNP Paribas est également citée par Le Monde pour avoir géré de son côté 468 structures offshore avec Mossack Fonseca depuis les années 1980. Une demi-douzaine de ces sociétés étaient encore actives fin 2015, avance le journal.

Ces nouveaux éléments révélés par Le Monde sont susceptibles d'intéresser le parquet national financier (PNF), qui a ouvert une enquête préliminaire pour «blanchiment de fraudes fiscales aggravées» le 4 avril après les premières révélations du quotidien, qui concernaient notamment la Société Générale.

Cette enquête a vocation dans un premier temps à exploiter les données du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), avant de lancer des procédures plus ciblées contre des personnes ou des sociétés. Au lendemain des premières révélations du Monde, une perquisition avait eu lieu à la Société Générale dans le cadre de l'enquête ouverte par le PNF.

Du côté des ONG, l'organisation Oxfam a dénoncé dans un communiqué l'implication des banques françaises au coeur du «scandale des Panama Papers» qui constitue «la preuve que les banques sont le pivot, si ce n'est le moteur, d'un système planétaire d'évasion fiscale».

(AFP)

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