06.10.2020 à 12:37

PolémiqueCredit Suisse: Tidjane Thiam victime de racisme?

Selon le «New York Times», l’ancien directeur n’a jamais été accepté par sa banque comme par la Suisse.

par
R.M.
Tidjane Thiam avait quitté son poste de directeur de Credit Suisse en février dernier.

Tidjane Thiam avait quitté son poste de directeur de Credit Suisse en février dernier.

Keystone

En février dernier, englué dans des affaires d’espionnage et de filatures, probablement poussé dehors, Tidjane Thiam démissionnait de son poste de directeur général de Credit Suisse. Voilà pour la version connue. Mais dans une enquête le «New York Times» avance une autre piste: et si le Franco-Ivoirien avait été victime de racisme?

Le quotidien américain commence son récit par une fête organisée pour les 60 ans du président du conseil d'administration de la banque, Urs Rohner. Elle a lieu en novembre dernier dans un restaurant zurichois. Parmi les dizaines de convives, est-il précisé, Tidjane Thiam est le seul noir.

Balayeur et perruques afro

Les festivités ont pour thème les années septante. Un artiste noir entre alors sur scène habillé en concierge et se met à danser sur de la musique tout en balayant le sol. Mal à l’aise, Tidjane Thiam s’excuse puis quitte la pièce. Un couple présent à sa table aussi.

Ils reviennent dans la salle un peu plus tard et voient cette fois un groupe d’amis de M. Rohner monter sur scène pour un numéro musical. Ils portent tous des perruques afro.

Selon le quotidien américain ce n’était là que la suite «dune série dincidents douloureux qui ont façonné ses cinq années au sommet de Credit Suisse». Et de parler de moments «choquants, dautres dérangeants», la plupart en lien avec «les tensions autour du fait dêtre noir dans une industrie à prédominance blanche et une ville à majorité blanche.»

Un «départ étonnamment rapide»

«Qu’il s’agisse de racisme, de xénophobie ou d’une autre forme d’intolérance, il est clair que M. Thiam n’a jamais cessé d’être perçu en Suisse comme quelqu’un qui n’en faisait pas partie», peut-on encore lire.

Le «New York Times» avance au fond que M. Thiam n’a jamais été accepté par sa banque. Mais pas non plus par le secteur de la finance, Zurich ou la Suisse en général. Des interviews avec onze témoins, écrit le quotidien, «suggèrent que la race a été un facteur omniprésent tout au long de son mandat et quelle a contribué à créer les conditions de son départ étonnamment rapide».

Avis tranché de sa sœur

Tidjane Thiam aurait donc été lâché en partie à cause de sa couleur de peau. «La question reste ouverte de savoir si un CEO venu dun autre milieu aurait pu survivre», note le quotidien. Et de glisser: «d’autres dirigeants de banques ont évité des scandales bien plus graves».

Le principal concerné ne s’exprime pas dans l’article. Mais sa sœur si, et son avis est tranché. «Je serais curieuse de savoir si aujourdhui les Suisses auraient enfin lhonnêteté de reconnaître que voir un homme noir au sommet de lune de leurs entreprises les plus prestigieuses était insupportable», s’interroge Yamousso Thiam.

Credit Suisse n’a pas répondu aux sollicitations du «New York Times». La banque s’est cependant exprimée ensuite dans le «Guardian», mais uniquement sur la soirée d’anniversaire de M. Rohner. «Il s’agit d’une interprétation erronée de la soirée. Il n’y a jamais eu d’intention doffenser quiconque et nous sommes désolés pour toute offense causée.»

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63 commentaires
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Citron

07.10.2020 à 13:31

Il a été choisi dans un certain contexte: crise de stratégie économique à CS, tensions commerciales entre les USA et la Suisse sur la lutte contre l'évasion fiscale et durant le 2e mandat de l'administration Obama à qui il faut donner des gages. C'était en 2015, les critiques internes sur sa personnalité et son rôle médiatique dans la place financière suisse ont été soigneusement étouffées. Très vite Thiam a superformé et en juillet 2018, il avait remplit la mission de restructuration de CS qui lui était assignée. Il avait annoncé que sa mission ne durerait pas plus de 3 ou 4ans, on aurait préféré qu'il se retire au 1er trimestre 2019, ce ne fut pas le cas, ses ennuis pouvaient bien commencer. En 2020, le contexte n'était plus de son côté. Trump a été élu et sa politique visant à effacer toutes les traces de l'ère Obama s'exporte. Les concurrents de Thiam à Zurich ne vont pas se faire prier pour agir. Ils vont l'éjecter non pas par racisme mais à cause de sa différence culturelle.

RASTA

07.10.2020 à 10:35

HAHAAAA c'est comme s'il ne savait pas à l'avance qu'il avait vendu son âme à la finance Suisse. Cette banque entre autres qui avait financée et supportée le régime de l'apartheid .Et lui même, qu'a t'il fait pour Mama Africa ? NOTHING ! Donc il récolte ce qu'il a semé ! Et ce même, si je condamne toutes formes de racisme !

BUCO

06.10.2020 à 15:27

NOS classes modestes sont bien plus à plaindre