Actualisé 25.08.2020 à 17:40

SuisseCredit Suisse va biffer des centaines de postes en Argovie

Credit Suisse réduit drastiquement la voilure, notamment en Argovie. La banque va supprimer 37 succursales et veut économiser 100 millions de francs d’ici à 2022. Ce sont 500 postes qui passent à la trappe.

Credit Suisse poursuit sa restructuration.

Credit Suisse poursuit sa restructuration.

KEYSTONE

Credit Suisse veut réduire le nombre de succursales dans le pays et va fusionner ses activités avec sa filiale Neue Aargauer Bank (NAB). Les suppressions de postes ne pourront pas être évitées, a averti la banque, évoquant jusqu’à 500 postes sabrés. Le programme devrait permettre de générer des économies de 100 millions de francs d’ici 2022.

Afin de réduire les coûts, le groupe veut réunir les activités de sa filiale Neue Aargauer Bank (NAB) avec celles de Credit Suisse pour unifier sa présence en Argovie dans un seul établissement. L’objectif est d’éliminer les doublons dans les structures, a-t-il annoncé mardi dans un communiqué.

D’une trentaine de succursales, le réseau ne devrait en compter plus qu’une douzaine en Argovie. Les clients de NAB seront transférés chez Credit Suisse. L’Argovie sera l’une des trois plus grandes régions de la division suisse.

Fluctuations naturelles

Depuis 1994, NAB appartient majoritairement à Credit Suisse, employant quelque 530 collaborateurs (temps pleins) et gérant près de 19 milliards de francs d’actifs. Les suppressions de postes sont «inévitables» et pourront toucher jusqu’à 500 emplois, selon André Helfenstein, directeur général des unités Swiss Universal Bank et Credit Suisse (Suisse).

Les postes supprimés ne correspondent pas directement à un nombre d’employés, a précisé le patron. De nouvelles embauches auront lieu sur des segments différents et certains collaborateurs touchés pourront trouver un nouvel emploi dans une autre unité. Les fluctuations naturelles seront également utilisées pour limiter les licenciements.

Les postes supprimés concernent principalement les fonctions de support, a précisé M. Helfenstein, mais également les collaborateurs dans les filiales.

La fusion avec la filiale argovienne s’inscrit dans le cadre de la restructuration des activités suisses de la banque, qui souhaite conserver un réseau de 109 succursales à terme dans le pays, contre 146 actuellement. Il n’est pas exclu que le réseau s’amaigrisse encore mais il est encore trop tôt pour spéculer sur ce qui se passera dans cinq ans, a expliqué le directeur.

Pour l’Association suisse des employés de banques (Aseb), cette restructuration en temps d’incertitude économique est critiquable, d’autant plus que Credit Suisse a enregistré un bénéfice de 2,5 milliards de francs au premier semestre. La faîtière avait demandé un gel des suppressions de postes d’ici à la fin de l’année.

«Alors que le secteur financier est épargné par la crise du coronavirus, procéder à des licenciements dénote d’un manque de solidarité avec les employés», a ajouté l’Aseb. L’issue de cette fusion est en outre incertaine, l’intégration de NAB mettant fin à un long ancrage régional.

Du côté politique, le Conseil d’Etat argovien a exprimé sa déception. Le canton perd ainsi une de ses banques régionales «les plus traditionnelles» et un «important employeur».

Changements d’habitudes de la clientèle

L’essor de la banque en ligne, dont l’utilisation a progressé de 40% ces deux dernières années et de la banque mobile, qui a plus que doublé chez Credit Suisse, explique la volonté du groupe de réduire le nombre de succursales, les visites y étant de moins en moins nombreuses.

L’opération devrait être effective fin novembre et finalisée au second trimestre 2021, sous réserve de l’accord de l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma). Des frais de restructuration uniques d’environ 75 millions de francs sont attendus.

Une fois la fusion conclue, Roberto Belci, jusqu’ici responsable de la banque privée, de la clientèle privée et d’entreprises et membre du directoire de NAB, assumera la direction de la banque privée ainsi que la responsabilité pour l’ensemble de la région Argovie.

Nouvelle offre fin octobre

L’actuel patron de NAB, Roland Herrmann, quitte l’établissement et remettra la responsabilité opérationnelle de l’intégration à Roger Suter, qui reprendra après la fusion son poste de responsable de la région Suisse centrale de la banque aux deux voiles.

Une partie des économies réalisée sera réinvestie à moyen terme dans «le conseil, les nouvelles solutions, la numérisation et sa présence sur le marché». Une nouvelle offre de banque numérique doit être lancée fin octobre.

Les réductions de coûts générées par la fusion avec NAB s’inscrivent dans le cadre des objectifs globaux pour l’ensemble du groupe dès 2022, qui visent des économies totales d’environ 400 millions de francs, selon les annonces de la banque fin juillet. Les frais de restructuration font quant à eux partie des frais totaux de 300-400 millions.

A la Bourse, l’action Credit Suisse a terminé sur une perte de 0,69% à 10,11 francs, dans un SMI en baisse de 0,75%.

(ATS/NXP)

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