Santé: Creutzfeldt-Jakob: nouvelles inquiétudes

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SantéCreutzfeldt-Jakob: nouvelles inquiétudes

Une étude suscite des craintes sur un mode de transmission de la maladie qui n'était pas encore connu.

Des expériences sur des souris ont montré que les prions sont capables de provoquer la maladie. (Image d'illustration)

Des expériences sur des souris ont montré que les prions sont capables de provoquer la maladie. (Image d'illustration)

Keystone

Des prions responsables de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ), qui affecte le cerveau, ont été détectés dans la peau de malades. Cette découverte suscite de nouvelles inquiétudes sur une voie possible de transmission jusqu'ici inconnue, selon une étude.

Des expériences sur des souris de laboratoire ont montré que ces prions, des protéines anormales, sont infectieux et capables de provoquer la MCJ. Toutefois, le risque de transmettre la maladie par de simples contacts entre des personnes paraît très faible.

Les teneurs des prions dans l'épiderme sont de mille à cent mille fois plus faibles que dans le cerveau, soulignent les auteurs de cette étude publiée mercredi dans Science Translational Medicine. Cependant, il n'est pas impossible que la maladie mortelle à évolution rapide puisse être transmise par des instruments chirurgicaux autres que ceux utilisés pour des interventions dans le cerveau, expliquent-ils. L'étude est basée sur des échantillons de peau provenant de 38 malades décédés de la maladie.

«Il est bien connu que cette maladie peut se transmettre par des interventions chirurgicales avec des instruments ayant été utilisés sur des tissus cérébraux infectés», relève Wenquan Zou, professeur adjoint de pathologie et de neurologie à la faculté de médecine Case Western Reserve.

Une personne sur un million

«Notre découverte est importante car non seulement elle suscite des inquiétudes quant à une possible transmission par des outils chirurgicaux qui ne sont pas utilisés sur le cerveau mais elle suggère aussi que des biopsies de la peau pourraient améliorer le diagnostic de Creutzfeldt-Jakob pre et post-mortem», explique-t-il.

Seules des analyses du liquide céphalorachidien ou un prélèvement de tissu cérébral peuvent actuellement établir le diagnostic, mais souvent, on ne peut confirmer la MCJ qu'en examinant le cerveau d'une personne après sa mort. Cette maladie rare qui présente plusieurs formes n'affecte qu'une personne sur un million par an dans le monde.

Le cerveau des malades devient spongieux et les symptômes sont surtout une perte soudaine de la mémoire, des problèmes de coordination et de vision. Environ 90% des patients meurent dans l'année suivant le début des symptômes.

(ats)

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