Document - Crime: la RTS rebondit sur l’affaire du petit Luca
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DocumentCrime: la RTS rebondit sur l’affaire du petit Luca

L’histoire dramatique du jeune garçon prétendument attaqué par un chien en Valais en 2002 constitue le premier épisode de la série «Crime» sur la RTS. Il est présenté ce mercredi en avant-première à Sion.

par
Eric Felley
Après son agression et son coma de trois mois, Luca Mongelli est resté très handicapé. Mais il a pu faire des études et en octobre 2020 il a obtenu un diplôme en sciences de la communication de l’Université de Bari.

Après son agression et son coma de trois mois, Luca Mongelli est resté très handicapé. Mais il a pu faire des études et en octobre 2020 il a obtenu un diplôme en sciences de la communication de l’Université de Bari.

AFP

Le 7 février 2002, Luca Mongelli avait 7 ans. Ses parents tenaient le restaurant La Tanière dans la station de Veysonnaz (VS). Ce jour-là, l’enfant, qui jouait avec son frère dans la neige, était découvert le corps dévêtu et couvert de blessures. Il passait alors trois mois dans le coma, avant de se réveiller gravement handicapé, tétraplégique et aveugle. La justice valaisanne avait ouvert une enquête. En 2004, le juge d’instruction Nicolas Dubuis ordonnait le classement de l’affaire, qui faisait du chien Rocky, un berger allemand, le responsable de l’agression. Comme l’affirmera plus tard le médecin légiste Patrice Mangin, les blessures étaient dues à «une interaction excessive entre le chien et l’enfant, mal maîtrisé par ce dernier».

Enquête et contre-enquête

Cette version n’a jamais convaincu la famille Mongelli ni une bonne partie de l’opinion publique, d’autant que l’enfant avait été retrouvé les pantalons baissés et déculottés. Le détective valaisan Fred Reichenbach mena une contre-enquête visant à prouver l’intervention d’autres enfants du voisinage. Luca lui-même a raconté avoir été attaqué par quatre garçons. La justice valaisanne a rouvert l’enquête en 2010, notamment à la suite de la publication d’un dessin du frère, illustrant cette agression par des tiers. Mais après deux ans, le dossier a conclu une nouvelle fois à la théorie du chien. Devenu procureur général, Nicolas Dubuis déclarait dans «Le Temps» l’année dernière: «Les experts mandatés ont toujours favorisé la thèse de l’intervention du chien. Mais il n’a pas été possible d’exclure formellement l’intervention d’un tiers, tout comme il n’a pas été possible de le prouver».

Une affaire qui a secoué l’Italie

Cette affaire a fait déjà l’objet d’une quantité d’articles et d’émissions en Suisse et ailleurs. En 2009, la RTS a diffusé un épisode de «Zone d’ombre», qui a révélé l’existence du dessin du petit frère, posant la question: «Et si ce n’était pas le chien?» L’année suivante est sorti un livre intitulé «Canines», paru aux éditions Xenia sous le pseudonyme de Janus, qui était en fait le conseiller national Oskar Freysinger, qui avait pris le parti de la famille. L’affaire a également connu un grand retentissement en Italie, d’où sont originaires les Mongelli. La chaîne publique italienne (RAI) lui a consacré une émission à une heure de grande écoute. Pour des experts italiens, Luca n’aurait pas été agressé par son chien. Depuis 2019, l’affaire est prescrite à l’insatisfaction des parents et des nombreuses personnes qui les ont soutenus.

Avant-première à Sion ce mercredi

L’affaire du petit Luca constitue le premier épisode d’une nouvelle série lancée par la RTS et intitulée sobrement «Crime». Il sera diffusé le 1er décembre à 20 h 10 sur la chaîne romande. Cependant, une avant-première est prévue à Sion ce mercredi à 20 heures au cinéma l’Arlequin, en présence du réalisateur Pierre Morath. La RTS veut donner dans cette série «une nouvelle perspective et une nouvelle forme narrative» à des affaires criminelles qui ont secoué la Suisse: «Des affaires au fort potentiel d’identification et qui soulèvent encore aujourd’hui différentes questions», selon son communiqué.

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