Humeur: Crise du coronavirus: quand la Suisse n’existe pas
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HumeurCrise du coronavirus: quand la Suisse n’existe pas

Les tensions qui agitent le pays en ce moment ravivent cette impression. La Suisse fait l’autruche.

par
Eric Felley
Dimanche soir au 19 h 30, le conseiller fédéral Alain Berset a défendu la voie fédéraliste choisie par le Conseil fédéral.

Dimanche soir au 19 h 30, le conseiller fédéral Alain Berset a défendu la voie fédéraliste choisie par le Conseil fédéral.

Capture écran RTS

En 1992, à l’Expo universel de Séville, l’artiste Ben Vautier avait illustré le pavillon helvétique avec le slogan «La Suisse n’existe pas», qui avait enflammé les esprits. Son idée était de mettre en avant le multiculturalisme du pays. En 2017, la conseillère nationale Ada Marra avait repris la boutade lors d’un message du 1er août. Elle avait ajouté: «Ce sont les gens qui y habitent qui existent.» Elle avait subi les foudres des patriotes de tout poil.

Dans cette crise du coronavirus, le slogan a une nouvelle résonance sur fond de «coronagraben»: la Suisse n’existe pas, ce sont les cantons qui existent. Comme l’a rappelé Alain Berset dimanche soir au «19 h 30», le «chemin» choisi est celui du fédéralisme. Si la Suisse existe un petit peu, c’est uniquement de manière subsidiaire.

Cependant, vis-à-vis de l’extérieur, la Suisse existe bel et bien. Dimanche, le directeur de Présence Suisse, Nicolas Bideau, était interrogé à «Forum» sur la RTS, à propos du dégât d’image que risquait le pays dans ses choix, notamment le reproche d’un comportement «égoïste». Le diplomate a essayé de minimiser, disant que cela ne concernait que les pays voisins, mais vu de plus loin cela n’avait guère d’importance.

Autrement dit, ce n’était pas si grave de se brouiller avec ses voisins. Selon lui, il faut attendre pour voir comment tout cela va se terminer, avant de se repositionner sur la scène économique. On verra alors si nos voisins auront la mémoire courte. Comme dans la fable, ils diront: «Que faisiez-vous pendant l’épidémie?» Et nous de répondre: «Nous faisions du ski, ne vous en déplaise». Ils diront: «Vous skiiez, nous en sommes fort aise. Eh bien lugez maintenant!»

Si la tendance continue à la hausse cette semaine, les décisions du Conseil fédéral attendues pour vendredi prochain vont rappeler à nos voisins que la Suisse existe et qu’elle arrête de faire l’autruche. Mieux vaut tard que jamais.

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215 commentaires
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Personne ne viendra dire

15.12.2020, 10:21

quoi que ce soit à personne dans nos contrées. Personne n'était prêts en Europe; tout le monde a été en retard ou quasi, personne n'a fait tout juste ou tout faux. A quiconque viendra pointer du doigt un pays on lui enjoindra à juste titre de balayer devant da porte et de fleurir ses morts.

nora lumina

15.12.2020, 08:45

le titre de l'article est 0 comme le journal

Codeha

14.12.2020, 13:32

En suisse, la crise a été très bien gérée dans la 1 ère vague mais je trouve la confédération toujours a contre temps depuis l'automne....