Aide internationale: Crise migratoire: Washington sous pression financière

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Aide internationaleCrise migratoire: Washington sous pression financière

L'administration américaine n'est plus seulement vilipendée pour avoir refusé toute intervention militaire d'envergure en Syrie, mais aussi pour ne pas voler au secours de ses alliés.

Barack Obama s'est aussi engagé l'automne dernier à ce que son pays accueille 100'000 réfugiés de toutes nationalités.

Barack Obama s'est aussi engagé l'automne dernier à ce que son pays accueille 100'000 réfugiés de toutes nationalités.

ARCHIVES, Keystone

Les Etats-Unis sont sous pression pour prendre la tête d'un règlement international d'urgence face à la crise des réfugiés.

Des experts américains s'alarment de voir s'effondrer des pays du Moyen-Orient ainsi que l'Union européenne.

L'administration du président Barack Obama n'est plus seulement vilipendée pour avoir refusé toute intervention militaire d'envergure en Syrie, mais elle est dorénavant brocardée pour ne pas voler au secours de ses alliés européens, turcs, jordaniens ou libanais submergés par le flot de réfugiés et de migrants.

Soulignant que «la crise des réfugiés est de loin la plus grave depuis la fin de la 2e Guerre mondiale», l'ex-ambassadeur des Etats-Unis en Irak et en Syrie, Ryan Crocker, estime que cet afflux potentiel de millions de déplacés «n'est pas un problème pour le Moyen-Orient, ni pour l'Europe, (mais) un problème pour le monde et pour l'Amérique».

Cet ex-diplomate donne écho aux inquiétudes de responsables américains qui évoquent ces dernières semaines, en privé, une menace «existentielle» sur l'Europe. Il redoute également que «le flot de réfugiés défasse l'UE en tant que construction politique».

Sommet mondial

Quant aux «Etats en première ligne, la Turquie, la Jordanie et le Liban, ils risquent de chanceler», avertit Ryan Crocker. De fait, le roi Abdallah II, dont le royaume jordanien accueille des centaines de milliers de Syriens, avait sonné l'alarme du point de rupture.

Ryan Crocker réclame au gouvernement américain d'organiser au plus vite «un sommet mondial sur les réfugiés» car «ni la région (le Moyen-Orient, ndlr), ni l'Europe ne peuvent surmonter» la crise, selon lui. Pour l'ancien ambassadeur américain, l'administration Obama a jusqu'à présent péché par «manque de leadership», alors que seule l'Amérique «peut faire la différence» pour régler cette crise.

Accusée par ses opposants de conduire une politique étrangère «isolationniste» à l'égard du monde arabe et de l'Europe, l'administration démocrate défend cependant sans relâche son engagement diplomatique et humanitaire en faveur de la Syrie. Test pour tous

Lundi soir, le secrétaire d'Etat John Kerry a reconnu, pour la première fois, que la crise des réfugiés était désormais un «défi mondial» et non plus uniquement «régional» pour le Moyen-Orient et l'Europe. Il a admis qu'il s'agissait dorénavant d'un «test pour nous tous» et non plus du «problème de quelqu'un d'autre».

Face au Congrès républicain, John Kerry avait vanté la semaine dernière le fait que Washington était «le plus important donateur» humanitaire pour la Syrie avec «plus de 5,1 milliards de dollars» débloqués en cinq ans. Barack Obama s'est aussi engagé l'automne dernier à ce que son pays accueille 100'000 réfugiés de toutes nationalités, dont 10'000 Syriens. Pour l'année 2016, ils sont pour l'instant tout juste 942 Syriens à avoir franchi toutes les étapes d'admission sur le sol américain, selon des chiffres officiels.

Effort en 2017

«Vous ne pouvez pas exercer du leadership si vous n'êtes pas un leader», tacle Eric Schwartz, ancien cadre du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche et ancien responsable au département d'Etat des politiques pour les réfugiés et les migrations.

L'association américaine Human Rights First formule la même critique, soulignant la «nécessité d'un leadership des Etats-Unis». Elle réclame «au gouvernement américain un objectif d'accueil de 100'000 Syriens en 2017, un engagement qui correspondrait davantage à la tradition américaine et aux intérêts de la sécurité nationale».

De surcroît, abonde M. Schwartz, «une telle initiative encouragerait certainement d'autres pays à en faire plus».

(ats)

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